Nahjul Balagha

Nahjul Balagha

Imam ‘Ali Ibn Abi Talib’ (psl)

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[slide name= »Avant Propos »]

Par la hauteur de son niveau, le caractère global des problèmes quotidiens qu’il traite, cet ouvrage n’est comparable à aucun autre, après le Saint Coran et la Sunna du Prophète, ni dans la magnifique description des différents aspects et caractéristiques de 1a vie, description exhaustive par laquelle Alî (as) se distingue seul parmi les compagnons du Prophète au sujet de la création du ciel, de la terre et des anges, ni dans la personnification du jour du Jugement dernier qui fait frissonner le corps et dérouter l’esprit.

A cela s’ajoutent les proverbes et maximes dont se sont nourris des générations de sages et de saints à travers les siècles et particulièrement de nos jours.

II vous suffit, cher lecteur, de savoir que l’auteur des paroles rédigées dans cet ouvrage, est celui qui a vécu sous le toit du Prophète et en a reçu la sagesse, jour après jour.

Ces paroles sont méthodiquement formulées en discours et sermons d’un très haut niveau d’éloquence arabe. Nous avons tenté de les rendre dans un niveau aussi élevé en français. Cependant nous nous abstiendrons d’en faire l’éloge, laissant au lecteur attentif 1e soin de juger de la valeur de ce grand et précieux ouvrage.

Beyrouth en l’an 1986 Samih Atef El-Zein 

 

Aperçu de la vie de Imam ‘Ali (as) 

Ali est le fils d’Abou Talib, ibn Abdoul Mouttalib, ibn Hachim, ibn Abd Manaf, ibn Qousay. Sa mère est Fatima, fille de Assad ibn Hachim, ibn Abd Manaf, ibn Qousay. Il naquit dix ans avant la Mission du Prophète à la Mecque, soit en 598, après J. C.; il fut le premier enfant à se convertir à l’Islam alors qu’il n’avait pas dépassé l’âge de dix ans: il fut assassiné le 17 Ramadan, en l’an 40 de l’Hégire, soit en 661 après J. C. et fut enterré à Ghouri à l’auguste Najaf en Iraq; il fut élevé par son cousin germain le Prophète et en devint le gendre par son mariage avec sa fille Fatima; il eut d’elle Al Hassane et Al Houssein, maîtres de la jeunesse du Paradis.

L’Imam fut 1e benjamin de ses trois frères qui sont: Taleb, Jaafar et Akil. I1 fut au premier rang des vaillants combattants dans les premières batailles livrées par les musulmans à Badr, Ohod, Kheibar, Khandak et Hounein.

Une partie des musulmans avaient voulu le choisir comme calife, à la mort du Prophète. Cependant le califat ne lui fut attribué qu’après l’assassinat du troisième calife Uthman ibn Affane en l’an 35 de l’Hégire.

Son mandat dura cinq ans. Il mit fin rapidement à la sédition de Bassrah dans la bataille d’Al Jamal; il faillit mettre un terme à la sédition de Saffine fomentée par Moawia ibn Abi Soufian n’eussent été les réticences des Khawarej (dissidents) qui rendirent hésitante son armée et contribuèrent à sa dislocation.

L’Imam ‘Ali (as) dans les sources sunnites :

Le Messager de Allah (pslf) a déclaré : “Je suis la Cité du Savoir; Ali en est sa Porte; quiconque recherche le Savoir, doit franchir le seuil de cette Porte. »

Ce hadith fut rapporté par Tabarani dans son Kabir d’après la source de Ibn Abbas dans Jami’ Al-Saghir de Suyuti, page 107; Hakim dans son Sahih Al-Mustadrak, chapitre Les Vertus de Ali, volume 3, page 226, selon deux éminents rapporteurs, Ibn Abbas et Jabir Ibn Abdullah Ansari ; Imam Ahmad Ibn Mohammed Ibn Saddiq Al-Maghribi, du Caire, a fait une compilation de tous les hadiths concernant ce sujet dans Fath Al-Mulk Al-Ali; ouvrage imprimé en l’an 1354 de l’Hégire, à Matba Al-Islamiyah, Egypte.

Le Messager de Allah (pslf) a déclaré: “Je suis le lieu où se conserve la Croyance; Ali en est la Porte“.
Rapporté par Tirmidhi dans son Sahih ; Ibn Jarir l’a aussi rapporté; de nombreux savants l’ont cité à partir d’eux, tels. Muttaqi de l’Inde, qui en a fait mention dans son Kenz, volume 6, page 401, dans lequel ouvrage, cet auteur cite la conclusion de Ibn Jarir ayant écrit: “Nous acceptons ce hadith en tant que crédible et authentique … ” ; Jalal Al-Din Suyuti l’a cité à partir de Tirmidhi dans Jami Al-Jawami et Jami Al-Saghir, volume 1, page 170.

Le Messager de Allah (pslf) a déclaré: “Ali est la Porte qui ouvre sur mon savoir; après moi, il expliquera à mes disciples ce qui est descendu sur moi; faire preuve à son égard d’affection est une marque de foi; faire preuve à son égard de dédain est une marque d’hypocrisie“.

Rapporté par Al-Daylami selon Abu Dharr ; Kenz Al-Ummal, partie 6, page 156.

Le Messager de Allah (pslf) a dit: “Je suis le Protecteur et Ali le Guide. Ô Ali! Après moi, ceux qui rechercheront la Guidance, la trouveront en toi“.

Rapporté par Daylami qui rattache ce hadith à Ibn Abbas, hadith 2631 dans Kenz Al¬Ummal, volume 6, page 157.

Le Messager de Allah (pslf) a déclaré: “O Ali! Tu es le Guide dans ce monde et le Guide dans le Monde futur; ton ami est mon ami, et mon ami est l’ami de Allah ; ton ennemi est mon ennemi, et mon ennemi est l’ennemi de Allah. Malheur à celui qui te détestera après mon décès“. Hakim a rapporté ce hadith dans Mustadrak, volume 3, page 128, le qualifiant d’authentique selon les règles des deux Scheikhs, Muslim et Bukhari.

Le Messager de Allah (pslf) ayant pointé sa main en direction de Ali (s) pour dire ceci de lui (s): “Cet Ali fut la première personne à croire en ma Prophétie, et il sera la première personne à me prendre la main le Jour du Jugement; il est la plus véridique de toutes les personnes et le plus avisé de tous ceux qui font preuve de discernement dans cette Nation; il sait faire la différence entre le Vrai et le Faux; il est le Guide des Croyants“.

Rapporté par Tabarani dans son Kabir selon Salman et Abu Dharr; Bayhaqi dans son Sunnan ; Ibn Adi dans son Kamil selon Hudhayfah ; Kenz Al-Ummal, volume 6, page 156, n 2608.

Le Messager de Allah (pslf) déclara ceci : “Allah m’a annoncé que Ali est l’Etendard de la Guidance; l’Imam de mes amis; la lumières de ceux qui font preuve d’obéissance à mon égard; il est l’argument que j’ai imposé aux pieux en tant qu’obligation. ”

Rapporté par Abu Na’im dans son Huliyah Al-Awliya selon Abu Barzah Al-Aslami et Anas Ibn Malik; Allamah Mu’tazali en a fait mention dans son Sharh Al-Nahj Al-Balagha, volume 2, page 449.

Le Messager de Allah (pslf) a dit: “II y a cette inscription sur la Porte du Paradis: Il n’y a de Allah que Allah ; Mohammed est le Messager de Allah ; et Ali est le frère du Messager“.

Rapporté par Tabarani dans Awsat; Khatib dans Muttafiq wa Al-Muftaraq; Kenz Al¬Ummal, volume 6, page 159.
Le Messager de Allah (pslf) a dit: “Sur l’un des pieds du Trône Sacré et Elevé il y a cette inscription: Il n’y a de Allah que Allah ; Mohammed est le Messager de Allah ; Je le soutiens par Ali et l’assiste par Ali“.

Rapporté par Tabarani dans Kabir ; Ibn Assakir l’ayant pris chez Abu Hamra ; la chaîne parvenant jusqu’au Prophète (pslf) dans Kenz Al-Ummal, volume 6, page 58.

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[slide name= »Chapitre 1: Les attributs de Allah et la création des cieux, des anges et de l’Homme »]

Louange à Allah, dont la création révèle l’existence ! La contingence de la création manifeste son éternité, la ressemblance des créatures prouve qu’Il n’a pas de semblable.

Les sens ne sauraient le percevoir ni les voiles le cacher, vu la disparité entre l’Auteur et l’objet, le Limitateur et le limité, le Seigneur et le serviteur.

Unique sans conception numérale, Créateur, mais hors de toute notion de mouvement et de fatigue, Il entend sans organe, voit sans appareil visuel, témoigne sans contact. Il est éloigné, sans relâchement de distance, Apparent sans visibilité, l’Intrinsèque sans délimitation.

Il se distingue des objets en les subjuguant et en les dominant ; les ” créatures” se distinguent de Lui par leur soumission et leur dépendance.

Toute description de Allah le limite; toute limitation le dénombre, et tout dénombrement abolit son éternité.

Dire “Comment est-il?”, c’est essayer de le décrire ; se demander “Où réside-t-il”, c’est le circonscrire.

Il connaît sans être connu. Il est tout puissant et invulnérable

Grâce soit rendue à Allah, que nulle expression ne saurait glorifier, en dénombrer les bienfaits ou lui rendre l’hommage requis, ni les regards les plus profonds l’atteindre, ni les intelligences sonder son essence.

Son être n’a point de bornes, ni de qualificatif, ni de terme ou de fin déterminés.

Son Omnipotence a modelé les créatures. Sa miséricorde a répandu les vents; Il a consolidé la terre avec des rocs fermes.

Le commencement de la foi est connaissance de Allah, son couronnement est d’y croire, sa perfection est de proclamer son unicité: se dévouer à lui, c’est achever la foi en son unicité et rejeter toute multiplicité dans sa nature.

Toute multiplicité se dédouble, tout dédoublement est ignorance de la nature divine; toute ignorance est une désignation qui implique une limitation; qui dit limitation dit dénombrement.

Toute interrogation Lui fixant un lieu ou une forme est une négation de Allah.

Etre incréé, existant éternellement avec tout sans comparaison et hors de tout sans différence, Il sans notion de mouvement ni d’instrument, sans être vu de Ses créatures. Seul, Il ne s’attache à aucun lieu ni n’en regrette la perte.

Il a tiré l’univers du néant, l’a forgé de rien, sans effort intellectuel, ni expérience acquise, ni mouvement acté, ni hésitation ou préméditation.

Il fixa le terme des choses, en harmonisa les divergences, percevant leurs limites, leurs fins, leurs semblables et leurs aspects.

Puis Il dégagea les espaces, les distances, les voies et les cours cosmiques, et Il fit couler des eaux aux vagues houleuses et hautes; Il les fit charger sur les ailes des vents furieux et de la tempête déchaînée.

Puis Il ordonna aux vents de renvoyer les eaux, de les brider et de les dompter. L’air s’y livra passage et les eaux s’y déversèrent.

Il créa ensuite un vent stérile en permanence, violent, d’origine lointaine qu’il chargea de faire mouvoir l’eau haute, de soulever les vagues des mers. Ces vents agitèrent fortement les eaux, les dispersèrent dans l’espace et les remuèrent avec fougue.

Puis de ces vagues démontées et écumantes, élevées dans l’air libre et le Cosmos ouvert, il façonna sept cieux dont le plus bas est formé des vapeurs condensées des vagues et le plus haut d’un toit inaccessible et d’une voûte sublime qui flottent sans support ni jointures.

Il orna alors les galaxies d’astres et d’étoiles brillantes. Dans un firmament constellé et mouvant, Allah fit graviter un soleil éclatant et une lune scintillante.

Puis Allah dégagea les hauts cieux qu’il peupla d’anges de toutes catégories; les uns se prosternant sans s’agenouiller, d’autres s’agenouillant sans se dresser, d’autres en rangs impacts ou rendant hommage à Allah sans se lasser; ils ne sont pas assujettis au sommeil, à la distraction des esprits, à la lassitude des corps ou à l’inadvertance de l’oubli.

Les uns sont dépositaires et confidents de ses révélations, porte-parole auprès de ses messagers, exécutants de ses décrets et ordres; d’autres sont protecteurs de ses adorateurs, ou gardiens des portes des paradis.

Quelques-uns ont les pieds fixés loin dans les profondeurs des terres tandis que leur tête traverse le firmament supérieur; leurs corps émergent hors de tout espace; leurs épaules s’adaptent aux piliers du Trône.

N’osant fixer le regard sur le Trône, ils ont les ailes pliées autour, les voiles de la gloire et les rideaux de la puissance dressés entre eux et leurs inférieurs.

Ils ne conçoivent guère Allah sous une forme visible, ne lui appliquent aucunement les attributs contingents, ne les délimitent nullement et ne lui reconnaissent pas de pair.

La Création de Adam

Allah rassembla du limon de tout ce qu’il y avait sur la terre d’élévations escarpées, de plaines, de doux et de salé, le trempa dans l’eau, le pétrit jusqu’à lui donner la viscosité de l’argile, puis en fit une forme avec côtes, jointures, organes et fragments divers.

Il la solidifia, la durcit, lui fixa un laps de temps déterminé et un destin arrêté en lui insufflant de son esprit. Cet ensemble devint un homme doué d’entendement, de réflexion, d’organes sensoriels réceptacle de connaissance, susceptible de distinguer le vrai du faux, de percevoir les saveurs, les goûts les couleurs, et les divers genres de choses; créature de similitudes harmonieuses, de contrastes discordants, d’alliages diversifiés; mêlant le chaud au froid, le dynamisme à l’immobilité.

Allah présenta aux anges son œuvre et leur enjoignit de se prosterner devant elle et de l’honorer,

“Prosternez-vous devant Adam”, leur ordonna-t-il; ils se prosternèrent tous hormis l’orgueilleux Iblis (Satan). Créé de feu, il méprisait l’homme, créé d’argile. Il demanda à Allah un délai afin d’avoir le temps de tenter l’homme, de préparer et d’accomplir son œuvre néfaste et catastrophique.

Allah dit : “Ce délai t’est accordé jusqu’au Jour de l’instant connu de nous”.

Le Seigneur installa Adam dans une demeure paisible et prospère. Il le mit en garde contre son ennemi Iblis.

Tenté par le Démon qui ne lui pardonnait pas de vivre au Paradis en compagnie des anges, Adam faiblit et succomba aux tentations, troquant la joie contre l’angoisse, la certitude contre le doute et la quiétude contre le remords.

Néanmoins, Allah par sa grâce sublime agréa son repentir, lui promit de le réintégrer dans son paradis, et l’établit dans cette vallée d’épreuves pour la peupler de sa progéniture.

Le Seigneur – qu’il soit exalté – élit parmi les fils d’Adam des prophètes loyaux et fidèles qu’il chargea de la mission apostolique de porter la révélation et de l’annoncer.

Quand la majorité des hommes trahirent leur engagement envers Allah, dénièrent son droit transcendant, lui associant des partenaires, ils furent déviés par les démons de la connaissance de Allah, renoncèrent à l’adorer. Le Seigneur leur envoya successivement ses messagers et ses prophètes, pour leur rappeler le pacte dont leur conscience était imprégnée et ses faveurs oubliées, leur renouveler le témoignage de la Révélation, les sommer de méditer en leur révélant les secrets les plus impénétrables et les prodiges de l’omnipotence: tels la voûte céleste suspendue au-dessus de leurs têtes, la terre qui leur sert de demeure, les ressources qui leur assurent la vie, les destins qui les exterminent, les maux qui les font vieillir, la succession des événements.

Le Seigneur n’a jamais privé les hommes d’un apôtre messager d’un livre révélé, d’un argument convaincant et d’un droit chemin sans ambiguïté. Le nombre restreint des prophètes et la multitude des détracteurs n’ont eu aucun impact sur le message divin. Le précurseur annonçait celui qui le suivrait et témoignait pour celui qui l’avait précédé.

Ainsi s’écoulèrent les siècles et se succédèrent les générations, passèrent les pères auxquels succédèrent les enfants.

Puis le Seigneur envoya Mohammad (que son nom et celui des siens et compagnons soient bénis). Mohammad accomplit ainsi la promesse faite par les prophètes, ses prédécesseurs. Allah en fit le couronnement des prophètes; il le rendit illustre par sa naissance et ses vertus.

La terre était lors de l’avènement du Prophète partagée en sectes gouvernées par les passions et engagées dans des voies diverses: les unes confondaient le Créateur et les créatures, les autres niaient le Créateur ou adoraient d’autres Allahx.

Grâce au Prophète, Allah tira les hommes de leur égarement, fit dissiper l’ignorance.

Puis pour honorer le Prophète, le récompenser de sa loyauté, le tirer de ce monde éphémère d’épreuves vers le séjour éternel, Allah le rappela auprès de lui.

A l’instar des autres prophètes Mohammad laissa son message aux nations et leur traça un chemin éclairé par la foi et la sagesse.

Le Livre de Allah est parmi vous.

Il distingue le licite de l’illicite, fixe les obligations et les vertus, les jugements fermes tant particuliers que généraux, l’absolu et le relatif, les exemples à suivre, les limites et les extensions, le précis et l’ambigu.

Allah en explique le tout, en dévoile l’obscur, indique clairement ce qui est obligatoire et laisse à la Sunnah d’éclairer ce qui est ambigu et de déterminer ce qu’on peut délaisser, ce qui est de rigueur et ce qui peut être dépasse avec le temps. Il prévoit les interdictions dont la violation entraîne le supplice de la Géhenne et les petites fautes pardonnables aux pécheurs. Il fixe même le minimum toléré et le maximum souhaité dans chaque action.

Allah vous fit obligation de visiter sa Sainte Maison qu’il institua comme point de mire de tous les hommes qui s’y rendent en troupe et s’y réfugient comme des colombes.

Le Seigneur en fit la marque de la soumission des nations devant sa grandeur et de leur inclination devant sa majesté.

Il choisit parmi ses créatures des hommes qui répondent à son appel, croient en sa parole, adoptent les attitudes de ses prophètes, ressemblent aux anges qui entourent son Trône.

Ces hommes s’enrichissent à l’adorer et activent l’échéance de son pardon pour les autres.

Par sa grâce et sa majesté, il fit de cette Maison le symbole de l’adhésion à l’Islam et un refuge pour ceux qui cherchent sa protection. Allah rendit le pèlerinage obligatoire pour toute personne qui en possède les moyens. Le Coran dit à cet effet: incombe aux hommes – à celui qui en possède les moyens – d’aller, pour Allah, en pèlerinage à la Maison. Quant à l’incrédule, qu’il sache que Allah se suffit à lui-même et qu’il n’a pas besoin de l’univers.

Louange à Allah qui connaît le fond caché des choses, et à qui se manifestent les phénomènes apparents, celui qui se refuse à tout regard; l’œil qui ne l’aurait pas vu ne saurait le nier, le cœur qui y croit ne saurait le voir.

Il a dépassé toute hauteur et nul n’atteindrait sa transcendance; il s’est rapproché si près que rien n’est aussi proche que lui.

Sa transcendance ne l’a aucunement éloigné de ses créatures; de même, son approche ne les a point élevées à son rang;

L’esprit ne peut pas cerner tous ses attributs mais Allah n’a pas mis de voile devant l’obligation de le connaître.

Il est celui pour qui toutes les merveilles de la création sont un témoignage de son existence en dépit des négateurs. Il est vraiment au-dessus des dires des polythéistes et des ingrats.

Allah détermina magnifiquement sa créature, l’aménagea délicatement, l’orienta vers sa destinée conformément à sa trajectoire, sans jamais manquer le but qu’il lui assigna. Cette créature ne rencontra aucun obstacle pour autant qu’elle agisse selon la volonté du Créateur.

Comment en serait- il autrement alors que les, ordres émanent de Allah?

Sans aucun effort de réflexion préalable ni spontanéité instinctive, Allah n’a pas profité d’une expérience antérieure et n’a eu recours à l’assistance d’aucun associé pour créer les merveilles des choses.

Tout fut accompli par lui seul, et tout obéit à sa volonté et répond à son mandement.

Il ne connut pas la lenteur de l’être brut, ni la patience du timoré.

Il redressa la distorsion des choses, traça leurs limites, concilia par sa puissance leurs contradictions, maria les âmes aux corps, les répartit en races différentes par leurs destinées, limites, tendances et formes. Il maîtrisa parfaitement ses créatures, leur attribua des dons et des natures et les tira du néant au gré de sa volonté.

Allah agença les hauts cieux sans suspension, souda leurs failles, les noua les uns aux autres, aplanit leurs aspérités pour ses anges qui portent ses messages aux hommes et qui remontent pour lui rapporter les actions de ses créatures.

Il ordonna aux cieux qui étaient alors vapeur de se joindre. Il écarta toutes grandes les issues des cieux, plaça une garde formée par les astres brillants dans leurs interstices, leur évita par sa puissance d’être les jouets des vents, leur ordonna de s’incliner devant ses ordres.

Il fit du soleil une merveille de lumière pour le jour et de la lune (quoique sujette à des disparitions) un signe pendant ta nuit.

Il traça rigoureusement le cours de leur déplacement et de leur parcours afin de différencier, grâce à eux le jour et la nuit et de faire connaître par leurs périples le nombre des années et pour établir des calculs.

Puis il suspendit le ciel dans sa voûte et y accrocha, pour l’embellir, des astres et des étoiles.

Il dirigea ses météores contre les agents de Satan; il les guida dans la voie tracée par sa volonté en déterminant leurs révolutions ou en mettant fin à leur mouvement, en réglant leur ascension ou leur descente et en décidant de leur sort.

Puis Allah créa, en vue de peupler les cieux y compris le ciel le plus haut de son royaume, parmi les merveilleux êtres: les anges.

Il en remplit les cieux et leurs espaces.

Entre les failles célestes et dans ces lieux sacrés, retentissent les voix d’exaltation de même que derrière les voiles de la gloire.

Derrière ces clameurs très intenses resplendissent des couches de lumière que les yeux ne peuvent concevoir et devant lesquelles ils reculent vaincus.

Les anges sont des êtres divers et de puissances inégales. Les uns, ailés, qui louent la Majesté du Seigneur, ne prétendent pas avoir créé quelque chose, ni avoir joué un r8le dans la création opérée uniquement par le Seigneur; “ce sont des adorateurs fervents, qui ne devancent pas les paroles du Seigneur et exécutent ses ordres”.

Allah en fit les confidents de sa Révélation, leur confia le soin de porter à ses messagers ses ordres et ses interdits. Il les mit à l’abri de tout soupçon. Aucun d’eux ne saurait s’écarter de son chemin.

Il les a dotés de tous moyens de secours, a baigné leur cœur de sa quiétude, leur a ouvert, larges, les portes pour sa louange, leur a octroyé des pensées lumineuses qui les guident vers la connaissance de son unicité.

Ces anges ne sont point accablés par les fardeaux des péchés, ne sont point soumis aux besoins qui dérivent de leur faction de nuit et de jour; leur foi n’à point été entamée par les affres du doute, ni leur conviction ébranlée par le scepticisme. Point d’étincelle d’inimitié qui les divise, de doute qui ôte la science imprimée dans leur conscience et trouble dans leur cœur leur respect pour la grandeur et la majesté divines; point de tentation qui voile d’impureté leurs pensées.

Certains ont une ressemblance avec les nuées, l’éminence des montagnes les plus élevées et la profondeur de la nuit la plus ténébreuse; d’autres, dont les pieds ont pénétré les profondeurs de la terre basse, sont semblables à des étendards blancs qui traversent les courants aériens sous lesquels circule un zéphyr qui les retient dans les limites déterminées.

Ils se sont adonnés à l’adoration du Seigneur: les vérités de la foi les ont ralliés dans la connaissance du Seigneur et ont renforcé leur amour de Allah; leur désir du Seigneur prévaut sur tout autre désir pour avoir goûté la douceur de Sa connaissance et bu à la coupe rafraîchissante de Sa miséricorde.

La peur du Seigneur a possédé leur cœur. Ils se sont inclinés par longue obéissance. Même leur désir fervent du Seigneur ne les dispense pas de solliciter Sa faveur; leur grande proximité de Allah ne les libère point de leur lien de subordination envers lui. Jamais leurs louanges et actions passées ne leur ont paru matière à vanité, ni leur obéissance une occasion de surestimer leurs mérites. Ces anges ne connaissent pas l’ennui malgré la longueur de leurs périodes d’adoration, ne sont nullement tentés de s’écarter de la voie du Seigneur, ne se lassent pas de le louer et de se prosterner devant Sa face, ne se laissent pas gagner par la paresse, la distraction ou les passions pour souhaiter un répit.

Ils ont pris le Seigneur comme un trésor pour les jours de misère et se sont tournés totalement vers lui pour l’adorer, lui obéir, espérer en lui et le craindre dans leurs cœurs. Ils ne regardent pas d’un œil de vanité leurs actes passés pour ne pas perdre l’espérance, et ne se sont pas écartés de leur Seigneur parce qu’ils ne sont pas sous la coupe du démon; ils ne connaissent point l’inimitié, ni l’envie, ni le doute, ni la bassesse. Ils sont habités d’une foi inébranlable que la déviation, la tiédeur et la paresse ne peuvent jamais entamer

Il n’y a point au ciel un endroit, si réduit soit-il, où l’on ne trouve un ange à genoux ou un messager diligent. Plus ils obéissent au Seigneur, plus ils le connaissent, et plus leurs cœurs se remplissent de Sa Grandeur.

Allah amoncela la terre sur des vagues en furie et des abîmes insondables.

Les crêtes des vagues houleuses s’entrechoquent, s’entremêlent et écument comme des étalons en rut.

La violence de l’eau en fureur se soumet sous le lourd fardeau de la terre. Sa rage s’apaise par son contact avec ses dunes.

L’eau s’humilia quand la terre appuya sur elle son échine; après le mugissement de ses vagues, l’eau se calma et reconnut sa défaite; elle fut traînée, prisonnière, dans les chaînes.

La terre s’installa dans les abîmes aquatiques, humilia l’orgueil et la morgue de l’eau, lui fit baisser la tête et renoncer à sa fierté.

Une fois l’agitation de l’eau sous la terre apaisée et les montagnes ayant émergé sur sa surface, Allah fit jaillir les sources des cavités de la terre, les répartit dans ses plaines et ses vallées.

Il ajusta l’équilibre dans ses mouvements par des monts solides, aux cimes et rocs inaltérables; alors la terre cessa de trembler sous la charge des montagnes ‘implantées dans sa surface et dans ses cavités.

Puis le Seigneur sépara la terre de l’atmosphère, institua 1′air pour permettre à ses habitants de respirer et la dota de toutes les ressources nécessaires pour la vie.

Il ne laissa pas sans eau les régions inaccessibles aux fleuves mais leur envoya des nuages pour vivifier leur aridité et faire pousser leur végétation.

Il réunit les nuages les plus divers, déchirés par l’éclair qu’il soumit sous le poids de la pluie laissant tomber l’eau drue et vivifiante.

Une fois la charge des nuages déversée, Allah fit jaillir du sol la végétation et l’herbe des montagnes arides pour le plaisir des yeux. Il orna la terre de fleurs et l’embellit de ses lumières.

Il en fit la nourriture des hommes et le pâturage des bestiaux.

Il créa des espaces et les dota de flambeaux pour les passants.

La terre, une fois aménagée, et ses ordres exécutés, Allah choisit Adam, sa créature d élections, sa première œuvre humaine, le logea dans son paradis, le traita avec générosité, lui signifia ses ordres, et le prévint du danger de la désobéissance pour son avenir.

Mais Adam contrevint aux ordres du Seigneur. Adam se repentit et Allah le fit descendre sur la terre pour la peupler de sa descendance et pour servir de témoin aux autres hommes.

Allah n’a pas abandonné les hommes à eux-mêmes après la mort de leur père Adam sans leur confirmer Sa divinité et leur permettre de le connaître.

Il leur parla par la bouche de ses prophètes élus et de ses messagers, siècle après siècle, pour aboutir au dernier Prophète Mohammad qui est le sceau des prophètes et messagers de Allah.

Il détermina les fortunes tantôt abondantes, tantôt modestes, les répartit entre les hommes mais fut toujours équitable pour éprouver la patience et la reconnaissance du pauvre et du riche.

Il mit côte à côte la misère et la richesse, la sécurité et l’insécurité, la joie et la peine, allongea les âges, en raccourcit d’autres et soumit les humains à la mort.

Allah connaît les secrets les plus intimes et les plus cachés, les intentions, les frémissements des paupières, le fond des cœurs et des abîmes et les paroles les plus courtes qui défient toute ouïe; il connaît les estivages des fourmis, les hivernages des insectes, les soupirs des cœurs passionnés, le frôlement des pas sur la terre, les zones de développement des fruits, les repères des fauves dans les montagnes et l’es vallées, la cachette du ver à la racine des arbres et sous leurs écorces, la place des feuilles sur les branches, les foyers d’éclosion des nuages, la chute des pluies. I1 cerne ce que les tempêtes traînent derrière elles, ce que les pluies torrentielles détruisent, les abris des reptiles dans les dunes et ceux des oiseaux dans les rochers, ainsi que leur chant dans les trous obscurs où ils se réfugient.

Il connaît le contenu des coquillages et les profondeurs des mers, ce qui se dérobe sous les voiles de la nuit et ce que le jour éclaire; il connaît la trace de chaque pas; le frisson de chaque geste, l’écho de chaque parole, le balbutiement de toute lèvre, l’asile de toute créature, le poids de chaque atome, les soucis de chaque âme inquiète; le fruit de chaque arbre, la chute de toute feuille, la position de chaque germe, la place de chaque goutte ou caillot de sang, l’origine de toute créature et famille. Cette connaissance s’est faite sans peine, sans effort, sans répit ni fatigue. I1 a pénétré de son savoir ses créatures, les a dénombrées, leur a rendu largement justice, les a couvertes de ses faveurs malgré leur incompétence à reconnaître ses mérites et ses bienfaits.

Allah! Tu es celui à qui conviennent les plus belles descriptions et énumérations, d’où émanent les dons innombrables; si on espère en Toi, Tu es le meilleur des sollicités. A celui qui met son espérance en Toi, Tu es le meilleur de qui on attend une grâce.

Allah! Tu m’as prodigué ce dont je ne louerai d’autre que Toi et ce dont je ne remercierai que Toi. Je ne mettrai pas mes espoirs dans les sources de déception et les lieux du doute. Tu as empêché ma langue de dévier vers la louange des humains, de glorifier les despotes qui ne sont que des créatures.

Allah! Toute personne s’attend à une gratification ou à une récompense de la part de celui dont elle fait l’éloge.

Et je l’attends humblement de Toi car tu disposes d’une immense miséricorde et de trésors de pardons.

O Seigneur! C’est là la position de celui qui T’a réservé l’unicité qui ne sied qu’à Toi, de celui qui ne voit aucun autre digne de ces remerciements et de ces louanges, si ce n’est Toi.

Mon désir en Toi ne peut être satisfait que par Ta grâce, et ma pauvreté ne peut devenir richesse que par ta générosité et Tes largesses. Offre-nous en cette occasion Ta satisfaction et dispense-nous de tendre la main à un autre que Toi, car “Tu as le pouvoir sur toutes choses”.

Toute chose s’humilie sans murmure devant Allah et toute chose subsiste par lui.

Il est la richesse du pauvre, la gloire de l’humble, la force du faible, le refuge du persécuté.

Lorsque vous parlez, il entend votre voix, lorsque vous gardez le silence, il connaît votre secret.

Celui qui vit lui doit ses biens, celui qui meurt s’en retourne vers lui.

Quel œil a pu te voir pour te décrire à nous? Bien plus Tu es, avant que tes créatures n’aient songé à te décrire.

Tu n’as pas créé tes créatures pour combler ta solitude, Tu ne les as pas utilisées pour en tirer avantage.

Nul ne saurait devancer ton appel, nul ne saurait échapper à ta prise. Celui qui te désobéit ne diminue en rien ta puissance; celui qui t’obéit n’augmente en rien ton pouvoir. Il ne saurait renverser ton ordre, celui qui repousse tes décrets, de même le rebelle ne pourrait se passer de Toi.

Tout secret est pour Toi évidence, tout mystère est pour Toi témoignage patent.

Tu es l’éternité, Tu transcendes le temps, Tu es la fin. Tu es le but et il n’y a de fuite devant Toi qu’envers Toi.

Tu tiens dans .tes mains les rênes de toute bête et la destinée de toute âme.

Gloire à Toi comme Tu es Sublime!

Gloire à Toi, comme ce que nous voyons dans ta création est sublime! Et comme toute grandeur est petite au regard de ta puissance!

Quelle magnificence nous voyons dans ton règne! Et combien elle est insignifiante devant ce qui nous échappe!

Quelles largesses dans tes bontés ici-bas et comme elles sont minces au regard de tes bontés dans l’au-delà!

Lorsque ce qui est écrit arrivera à son terme, lorsqu’il sera donné aux choses l’ultime mesure, lorsque la dernière créature rejoindra la première, lorsque les ordres de Allah, pour renouveler la création, seront donnés, alors le ciel sera bouleversé et disloqué. Allah fera secouer et trembler la terre; il fera arracher et disperser les montagnes; certaines s’effondreront par respect pour sa Majesté et par crainte de sa Puissance.

Il en fera sortir les habitants, les ressuscitera et les rassemblera après dispersion. Il les répartira en deux groupes pour les interroger sur leurs œuvres secrètes et leurs agissements cachés. Il accordera bonheur et abondance aux uns et châtiera les autres.

Aux gens de l’obéissance, il accordera son voisinage et l’éternité dans sa demeure où tout changement est inconnu et où règne la stabilité. Là ils ignoreront la peur, ne seront pas atteints par les maladies, n’affronteront pas les dangers et ne seront pas lassés par les déplacements.

Quant aux rebelles, il leur réservera les plus affreuses demeures. Il leur liera les mains derrière les nuques, il attachera les touffes de leurs cheveux à leurs pieds, les couvrira de goudron et de haillons enflammés.

Il les plongera dans les tourments les plus brûlants, il les enfermera hermétiquement dans des flammes furieuses et dévorantes, ardentes et terribles qui ne laissent nul repos à leurs habitants, ni possibilité de rachat à leurs prisonniers, ni aptitude pour en rompre les nœuds. C’est un séjour sans terme ni fin permettant à ses occupants d’en sortir.

Sentez- vous la présence de l’archange de la mort quand il entre dans un foyer? Le voyez- vous quand il prend l’âme d’une créature? Avez- vous vu le fœtus mourir dans les flancs de sa mère?

L’archange de la mort pénètre-t-il par les membres ou bien l’âme se rend-elle à son appel sur l’ordre de Allah?

L’archange de la mort loge-t-il avec le fœtus dans les flancs de la mère? Une créature saura-t-elle jamais décrire son Créateur alors qu’elle est incapable de décrire une autre créature de son espèce?

Un de ses amis lui ayant demandé: “Vous a-t-il été accordé de connaître l’avenir”? L’Imam sourit et lui répondit: “Ce n’est pas là une science de l’avenir; nous avons appris cela du Livre de Allah et de son Prophète”.

Connaître l’avenir, c’est connaître l’heure du Jugement dernier.

Allah dit à ce sujet: “Allah seul connaît l’heure Dernière, fait descendre la pluie et sait ce que contient le sein maternel. Nul homme ne sait ce qu’il acquerra demain; nul homme ne sait en quelle terre il trouvera la mort”.

Allah seul connaît ce que contient le sein maternel: enfant mâle ou femelle, laid ou beau, généreux ou avare, malheureux ou heureux. Allah connaît seul celui qui sera la proie de l’enfer ou l’hôte du paradis en compagnie des prophètes.

Telle est la science de l’avenir connue de Allah uniquement. Le reste est une science que Allah a communiquée à son Prophète, lequel me l’a enseignée, m’a invité à la retenir et à l’enfermer précieusement dans mon cœur”.

Gloire à Allah! I1 créa les êtres, nivela la terre, fit couler les eaux dans les vallons et fertiliser les plateaux. Son début n’a pas de commencement et son éternité est sans fin.

Il est le premier et le dernier. Il persiste sans terme.

Les fronts se courbent devant lui et les lèvres déclarent son unicité.

Il a assigné un terme aux êtres au moment de leur création pour s’en distinguer et ne pas leur ressembler.

L’imagination ne saurait l’appréhender par des bornes, des mouvements ou des membres et des instruments. On ne peut lui demander “Quand”, ni lui fixer une durée par “Jusqu’à”. On ne peut dire de ses œuvres visibles: “D’où les avez- vous tirées?” Ni de celles cachées: “Où les avez- vous installées?” Il n’est point une ombre dont on suit les traces et n’est point non plus voilé pour être cerné. Il ne se rapproche point des choses jusqu’à s’y fondre, ni ne s’en éloigne jusqu’à la séparation.

Aucun clin d’œil de ses créatures ne lui échappe, toute parole, toute élévation qui semble proche, tout affaissement minime et invisible dans une nuit profonde ou dans des ténèbres calmes que la lune brillante dissipe, sont cernés par son omniscience. Il en est de même pour le soleil éclatant qui succède à la lune dans son coucher et son lever, pour la succession des temps et des siècles, pour la tombée d’une nuit qui s’amène ou le départ d’un jour qui s’achève.

Il est avant tout but et durée, il est recensement et dénombrement. Il transcende toutes les définitions de tous ceux qui lui attribuent les qualités des choses, les limites des régions, les origines des créatures, la solidité des places. En revanche, toute créature est assujettie à une destinée et toute destinée est imputable à une créature quelconque.

A Zaalab Al Yamâni qui lui demandait s’il avait vu Allah, l’Imam Ali répliqua: “Adorerai-je celui que je ne vois pas”? Alors l’autre de lui dire: “Comment le vois- tu?” Ali fit cette réponse:

“L’œil ne saurait atteindre Allah d’une manière concrète mais les cœurs le pressentent grâce aux vérités de la foi. Il est proche des choses sans y adhérer, éloigné d’elles sans s’en écarter totalement; il n’a pas besoin de réfléchir pour s’exprimer, sa volonté n’est régie par aucun besoin. Il crée sans organes; il est invisible sans être qualifié de clandestin, grand sans brutalité, clairvoyant sans le secours des sens, miséricorAllahx mais sans faiblesse; les faces se prosternent devant Sa Grandeur et Sa crainte ébranle les cœurs.

Allah ne créa pas les choses de souches éternelles, ni d’origines préexistantes.

Il dota ce qu’il créa de particularités spécifiques. Il le dessina sous une forme harmonieuse; nulle chose ne saurait se refuser à lui, de même que la soumission d’une chose ne saurait lui profiter.

Il connaît aussi bien les morts que les vivants, ce qu’il y a dans les cieux les plus élevés aussi bien que dans les terres les plus basses.

O créature formée et protégée dans les ténèbres de l’utérus et sous des couches de voiles, tu émanas du limon de la terre, tu fus installé dans un réceptacle sûr pour une durée déterminée et un terme immuable.

Fœtus, tu t’agitais dans les flancs de ta mère incapable de proférer une parole ou d’entendre un appel; puis tu fus tiré de ton réceptacle pour un lieu que tu ignorais et dont tu méconnaissais toute les voies bénéfiques. Or qui t’a guidé à rechercher la subsistance dans la mamelle de ta mère et qui t’a appris à exprimer au besoin tes demandes et désirs?

Hélas! Celui qui est incapable de décrire les êtres à figure et organes est encore plus impuissant à se figurer le Créateur et à le comprendre avec les moyens des créatures.

Allah ne fut pas enfanté pour partager sa gloire avec un autre, ni n’engendra un héritier pour lui succéder à sa mort.

Il a précédé le temps et transcendé la durée, il n’est sujet ni à une augmentation ni à une diminution.

Il s’est révélé à la raison par la perfection de ses œuvres et ses décrets inéluctables.

La création des cieux hermétiques qui sont sans colonnes, et qui sont maintenus sans supports, témoigne de sa puissance.

Ils s’empressent de répondre à ses appels et Lui obéissent dans ses ordres sans mot dire.

Si les cieux n’avaient pas reconnu sa divinité et ne s’étaient pas inclinés par soumission il n’en aurait pas fait le lieu de son Trône, ni la demeure de ses anges, ni l’échelle pour les bonnes paroles et les cœurs justes de ses créatures.

Il a fait des astres des cieux des guides aux êtres errants dans les différentes régions de la terre; les ténèbres profondes de la nuit ne sauraient voiler leur lumière, ni l’obscurité ténébreuse dérober l’éclat de la lune répandu dans les cieux.

Loué soit le Seigneur à qui ne saurait se cacher tout ce qui voile la nuit la plus profonde et la plus silencieuse dans les régions du globe les plus basses et les élévations voisines d’un noir rougeâtre, les grondements du tonnerre à l’horizon et la fugacité des éclairs; il connaît toute feuille arrachée de sa tige par les orages et les pluies, toute goutte qui tombe et le lieu de sa chute, la voie et la trace de l’insecte, l’existence du moucheron et ce que la femme porte dans ses flancs.

Gloire à Allah dont l’existence précéda tout: Trône, ciel, terre, démons et hommes; nulle imagination ne le conçoit, nulle intelligence ne le mesure, nulle demande ne le gêne, nul don ne diminue ses trésors. Il ne voit pas avec l’œil, ne s’enferme pas dans un lieu, et n’a point de semblable: il ne ressent aucun besoin; les gens ne sauraient l’atteindre; personne ne lui est comparable.

Il parla à Moïse, lui révéla ses prodiges éclatants sans le secours d’organes ou d’instruments, sans prononciation, ni luette.

O prétentieux qui crois décrire Allah, décris plutôt, tu es sincère, Gabriel, Michaël, les légions des anges privilégiés qui tremblent dans les appartements sacrés, l’esprit frappé de terreur devant le meilleur des créateurs. Tu ne sauras décrire que les êtres visibles, les organes et les mortels promis au néant.

Il n’y a de dieu que Lui. Il a éclairé de sa lumière toute obscurité. I1 assombrit de son obscurité toute lumière.

Quiconque le qualifie, renie son unicité. Quiconque le compare se trompe. Celui qui l’assimile ne le désigne point.

Celui qui le montre et l’imagine ne s’adresse pas à lui. Tout ce qui est déterminé a été créé. Toute chose qui dépend d’une autre n’est qu’effet.

Allah agit sans le secours d’un instrument, prévoit sans avoir besoin de réfléchir; il est riche sans chercher un profit, il n’est pas soumis au temps, et se passe d’organes; son existence, son essence, son éternité ont précédé toute durée, tout néant, tout début.

En dotant les sens de sensibilité il a été reconnu comme n’ayant point des sens; en accordant la contradiction aux choses, il a été reconnu comme n’ayant point de contradiction; en confrontant les choses, il a été reconnu comme n’ayant point de semblable.

Il opposa la lumière aux ténèbres, la clarté à l’obscurité, l’immobilité au mouvement, le chaud au froid, il concilia leurs contradictions, renoua leurs divergences et distingua leurs différences.

Nulle limite ne le borne, nul calcul ne le dénombre. Cependant les outils se limitent et les machines se comparent entre elles. “Depuis”, “peut-être”, “cependant” sont des termes inapplicables à son antériorité, à son éternité et à sa perfection.

Par ses attributs il s’est laissé pressentir par la raison et par eux il s’est refusé aux regards; il n’est soumis ni à l’immobilité, ni au mouvement. Comment serait-il donc soumis à son œuvre? S’il en était autrement, son essence serait multiple et son éternité aléatoire; il aurait eu un prédécesseur s’il avait un successeur, et il aurait cherché la perfection s’il avait une imperfection. Alors, il serait marqué du cachet du créé et serait devenu signe au lieu d’être source de référence. Il aurait perdu son pouvoir d’invulnérabilité et aurait été affecté par les choses comme chaque créature.

Il est immuable, éternel, ne connaît pas de fin. I1 n’engendra point pour qu’il soit engendré; il ne fut pas engendré pour connaître des limites.

Il est au-dessus de toute paternité et de toute souillure féminine; l’imagination ne l’atteint point pour pouvoir l’évaluer; les intelligences ne le conçoivent point pour pouvoir 1e décrire; les sens ne parviennent point à le saisir pour en avoir une sensation; les mains ne sauraient le toucher pour en prendre contact; il ne change point d’état, les circonstances n’influent point sur lui.

La succession des nuits et des jours ne l’use point; de même les ténèbres et la lumière ne le modifient point. Il ne peut être décrit comme étant un ensemble de parties, d’organes ou de membres ou un phénomène quelconque, on ne peut le connaître par le “qui” et le “comment”; on ne peut parler à son propos de limite ou de fin, de rupture et de but.

Les choses ne sauraient le contenir ni pour le rehausser ni pour le rabaisser; aucune chose ne peut l’incliner ni l’équilibrer. Il ne s’incarne ni ne se désincarne. I1 informe sans le secours d’une langue ni d’une gorge. Il entend sans oreille, ni organe. Il s’exprime sans parler, retient sans mémoire, il veut sans intention, aime et accorde ses faveurs sans pour autant faire preuve de faiblesse, il déteste et se fâche sans souffrir. Il dit à ce qu’il veut créer: “Sois” et il est, sans proférer ni lancer un appel retentissant. Cependant son Verbe est en lui-même un acte qu’il a créé et modulé de par sa grâce. Le Verbe n’existait pas avant qu’il ne l’eût créé car s’il pouvait exister, il y aurait eu alors un second Allah.

On ne peut dire de Lui: Il fut après n’avoir pas été, sinon il aurait été soumis aux lois de la création; et il n’y aurait point de différence entre la création et Lui, il n’aurait point de supériorité sur elle. Alors le créateur égalerait la créature, le maître d’œuvre, l’œuvre.

Allah conçut les créatures sans modèle préexistant et ne recourut à aucune de ses créatures pour l’aider. Il fit la terre et la soutint sans effort et l’installa sans le secours d’un support; il l’établit sans colonnes et la suspendit sans appui. Il l’immunisa contre toute déviation et inclinaison, il la protégea de la chute et de l’effritement; il ancra ses montagnes et les éleva; il en fit jaillir des sources, traça ses vallées; son œuvre ne connut point de faiblesse, ni d’ébranlement. Il la domine par sa puissance et sa gloire. Il en connaît les secrets grâce à sa science et à sa sagesse. Il est au-dessus de toute chose par sa majesté et sa puissance.

Rien ne peut s’opposer à ses désirs, ni s’opposer à lui ou le vaincre, ni être plus rapide que lui ou le dépasser. II n’a nul besoin d’un possédant pour s’enrichir. Les choses lui sont soumises et se courbent humblement devant sa grandeur; elles ne sauraient échapper à sa puissance pour un autre et se dérober ainsi à ses faveurs ou ses sanctions.

Il n’a point de semblable pour se comparer à lui ni d’adversaire pour se mesurer à lui. C’est lui qui anéantira la création et ce qui restera du monde sera comme ce qui en manquera.

L’anéantissement du monde après sa création, est-il donc plus étonnant que son modelage et sa création?

Si tous les animaux (votant et marchant) vivant dans des enclos quels que soient leurs genres, leurs races ou leurs espèces, leurs communautés intelligentes ou inintelligentes, si tous s’unissaient pour créer le plus petit des insectes, ils en seraient incapables et ne sauraient comment lui insuffler la vie leurs intelligences les plongeraient dans l’indécision et les égareraient; leurs forces seraient pour toujours impuissantes. Ils finiraient par être avilis, épuisés et reconnaîtraient leur défaite, leur incapacité de créer le plus petit insecte et admettraient humblement leur incapacité de pouvoir l’exterminer.

Allah (que son nom soit béni) redeviendra absolument seul après la disparition du monde; tel qu’il était avant la création du monde, il sera après la disparition de celui-ci. II n’y aura ni temps, ni espace, ni moment, ni durée. Les termes et les destinées disparaîtraient, alors les années et les heures subiraient le même sort. Rien d’autre que Allah, l’unique et le dominateur de qui dépendent toutes choses. Il a créé le monde sans qu’il ait besoin de son aide et l’anéantira sans le consulter. S’il pouvait se refuser à sa puissance, le monde demeurerait éternel. Nulle création ne lui a coûté un effort et n’a été pour lui une charge. Il n’a pas créé le monde pour renforcer une puissance, ni par peur de disparition ou d’affaiblissement, ou pour en recevoir un quelconque appui contre quiconque, ni pour se protéger contre un adversaire séditieux, ni pour étendre par lui son empire, ni pour se faire des associés dans son royaume, ni pour combler une solitude.

Puis, il anéantira le monde après sa création non par lassitude, née de son organisation et de sa direction, ni pour prendre repos ou pour se débarrasser d’une charge. Allah n’est point rebuté par une longue durée pour être porté à en hâter la fin.

Il a aménagé le monde par sa mansuétude, l’a maintenu par ses ordres, et l’a perfectionné par son vouloir. Il le reconstitue après sa disparition sans qu’il en ait besoin, sans se faire aider par qui que ce soit, ni pour se débarrasser de l’isolement en faveur d’une compagnie, ni pour se tirer d’une situation d’ignorance et d’aveuglement à un état de connaissance et de clairvoyance, ni pour se tirer d’un état de pauvreté et de besoin à un état de richesse et d’abondance, ni d’un avilissement et de bassesse à une situation de grandeur et de puissance.

Un signe de l’omnipotence de Allah et de la beauté merveilleuse de ses œuvres est d’avoir fait des eaux de la mer furieuses et mugissantes une terre ferme.

Il en créa des couches dont il détacha sept cieux séparés, consolidés par son ordre et soumis aux limites qui leur furent imposées. Puis il stabilisa une terre sur les flots profonds et tumultueux, lesquels s’inclinent devant ses décrets et sa Majesté s’immobilisent par crainte de sa Grandeur.

Il façonna ses rocs, ses plateaux et ses hautes montagnes qu’il immobilisa et fixa au sein de la terre alors que leurs cimes s’élèvent hautes dans les airs et que leurs bases s’enfoncent loin dans les eaux.

Il sépara les monts des plaines, amarra leurs bases dans les continents, en fit des points de repère; il en suréleva les sommets, en allongea les pentes, en fit des supports fixes pour la terre qui cessa alors de s’agiter et d’agiter ce qui vit sur elle, de plonger sous sa charge et de glisser de sa position.

Gloire à celui qui maîtrisa la terre après l’agitation des flots, la solidifia alors qu’elle était liquide. Pour ses créatures, il en fit un lieu de passage, l’aplanit pour leur servir d’habitat. Tout cela repose sur une mer profonde, ténébreuse, stable, qui ne déborde point, agitée qu’elle est par les vents et les tempêtes, secouée par les nuages de pluie. Il y a là un signe pour le cœur de celui qui craint Allah.

Si vous pouviez avoir une idée des merveilles du paradis, toutes les joies et tous les plaisirs de ce monde, tout l’éclat de ses merveilles vous paraîtraient puérils; vous seriez émerveillés par le bruissement des feuilles dont les arbres plongent leurs racines dans des dunes de musc, sur les rives des fleuves. Vous seriez charmés par l’abondance des fruits, tels des perles, en guirlande sur les rejets et les branches: ils éclatent dans leurs sépales, se diversifient et se cueillent sans effort. Ils se font au goût et s’adaptent au désir de celui qui les cueille.

Il sera servi aux habitants du paradis, dans les magnifiques salles de ses palais, un miel épuré et un vin clair.

Il s’agit des gens que la générosité de Allah a conduits en ce séjour heureux pour y demeurer éternellement et y vivre à l’abri de tout déplacement.

Vous, qui écoutez! Si vous pouviez laisser votre cœur se pénétrer du charme de cette vision, vous brûleriez du désir d’aller au paradis. Vous quitteriez notre réunion en souhaitant rejoindre vite ceux qui reposent en paix.

Que Allah fasse de vous et de nous les habitants du séjour des bienheureux.

Que dire de cet être que Allah créa dans les ténèbres de la matrice, enveloppé dans un placenta, goutte de sperme débordante, devenue grumeau de sang à la forme floue, puis aux contours affirmés, ensuite nourrisson, enfant, adulte.

Puis Allah lui fit don d’un cœur sensible, d’une langue expressive, d’une vue pénétrante pour, comprendre, prendre exemple, se maîtriser, réaliser son équilibre et achever sa formation.

O Adorateurs de Allah! Où sont ceux qui vécurent longtemps dans l’opulence, qui ont été instruits et qui ont compris, à qui il a été départi un temps dont ils n’ont profité que pour s’amuser, qui ont vécu en paix et ont tout oublié?

Ils ont bénéficié d’un temps long et ont été comblés de biens, avertis du châtiment et ont reçu des promesses grandioses! Gare aux péchés mortels et aux vices dégradants!

O vous qui voyez et entendez, qui jouissez de la santé et des biens de ce monde! Y a t-il abri ou refuge, recours ou protection, fuite de cet enfer ou retour sur terre? Est-ce possible ou non? “Où pourriez-vous vous échapper”? Où pourriez-vous vous diriger? De quoi vous enorgueillissez-vous? Votre lot sur cette terre, aussi bien en long qu’en large, sera à la mesure de votre corps et votre oreiller sera un peu de terre sur lequel votre joue reposera.

A présent, créatures de Allah, que la corde est lâche, que l’âme est libre et en pleine conscience que le corps est dispos, que les relations sont fréquentes, que vous disposez de votre temps et de votre volonté, profitez de ce répit pour vous repentir avant que ne surgissent les embarras et difficultés, la peur et l’anéantissement et avant que ne survienne l’absent attendu (la mort) et avant le retour au souverain Tout Puissant.

L’orgueil de l’homme le porte à la rébellion, à l’insouciance, se laissant entraîner par ses caprices peinant pour s’assurer les biens de ce monde et en faire des éléments de jouissance et de satisfaction de ses désirs. L’homme ne tint pas compte des malheurs qui pourraient lui survenir, ne s’humilia pas en crainte de Allah.

Il est mort dupé par tout ce qu’il avait accaparé et dont il a vécu prisonnier. Il ne recueillit point de récompense, n’accomplit aucune obligation; la mort cruelle l’a emporté soudain en plein entêtement et dans le cours de ses plaisirs.

Il passait ses jours perplexe et ses nuits sans sommeil, en proie à des angoisses, des douleurs et des maladies inattendues, entre un frère affectueux, un père tendre, une mère éplorée et se lamentant. Voilà notre homme à son dernier souffle, frappé par la catastrophe, gémissant douloureusement, haletant et l’âme en fuite.

Puis on le glissa dans son linceul, tout désespéré, on l’entraîna vers sa tombe incapable de résistance. Puis il fut mis sur la civière, sortant d’une étape épuisante pour entreprendre une autre; faible, il fut porté par les parents et les amis, pour une demeure où il serait un étranger solitaire, sans visiteurs.

Une fois les compagnons partis, les hommes éplorés rentrés dans leurs foyers, il se retrouva seul dans sa fosse face à lui-même, se posant des questions et échouant dans les épreuves. Le pire de tout cela est la chute de l’eau brûlante, le contact de la Géhenne, de ses feux bouillants, le crépitement de leur brasier. Point de pause reposante, pas de répit bienfaisant, ni force protectrice, ni disparition salvatrice, ni sommeil distrayant dans les étapes de la mort et la torture des moments.

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[slide name= »Chapitre 2: Création des animaux et description de certaines espèces »]

Création de la fourmi

Louange à Allah que nul sens ne peut saisir, ni scène englober, ni regard atteindre, ni voile cacher, qui manifeste son éternité par l’événement de la création.

J’atteste que Mohammad est son serviteur, son messager préféré ainsi que son confident élu, que Allah lui accorde paix et bénédiction de même qu’à ses siens.

Si les humains raisonnaient sur la grande puissance de Allah et sur l’abondance de ses faveurs, ils se réconcilieraient avec le droit chemin et craindraient les peines de l’enfer.

Cependant leurs cœurs sont malades et leurs intelligences malsaines!

Ne contemplent-ils pas ses créatures minuscules? Il a bien parfait les composantes de son œuvre, l’ayant douée de vue, d’ouïe, en modelant les os et la peau!

Observez la fourmi dans la modestie de sa taille, la délicatesse de ses mouvements. Elle passe à peine perceptible par le regard, et à peine attire l’attention! Regardez comment elle se déplace lentement et s’active à la recherche de sa nourriture, traînant la graine à sa loge, la déposant à son endroit. Elle rassemble sa nourriture en saison chaude pour s’en servir en saison froide et effectue des randonnées pour garantir son repos.

Le Bienfaiteur ne la perd pas de vue et Allah ne la prive pas de ses besoins selon sa nature; fût elle sur le rocher aride ou sur la pierre lisse.

Si tu réfléchissais un instant sur ses entrailles et sur ses organes, sur sa taille et sa petitesse, sur sa tête et ce qu’elle peut porter comme yeux et oreilles, tu serais émerveillé par sa création et sa description te paraîtrait ardue.

Gloire à celui qui l’a dressée sur ses pattes et l’a soutenue sur ses membres!

Celui-là se distingue dans son œuvre sans assistance aucune.

A force de pousser son raisonnement jusqu’au bout, l’homme aboutira à la conclusion que la fourmi et le palmier ont le même Créateur. Car la perfection de l’œuvre est partout la même bien que difficile à saisir dans ses détails.

Le grandiose comme le délicat, le lourd comme le léger, le puissant comme le faible, tous ont le même Créateur.

 

Création de la sauterelle

Il t’est loisible d’en dire de même sur la sauterelle.

Allah lui donna deux yeux rougeâtres, une paire de prunelles lumineuses, la dota d’ouïe toute fine, et d’une bouche bien faite, la munit d’une forte sensibilité, de deux mandibules tranchantes, et de deux faucilles saisissantes.

Elle terrorise les cultivateurs qui demeurent impuissants, dussent ils unir leurs forces pour contrecarrer son action, attaque les cultures pour satisfaire son appétit.

Pourtant, sa taille est moindre que celle d’un petit doigt de la main.

Grâce soit rendue à Allah devant qui tous les occupants des cieux et des terres se prosternent par consentement ou par contrainte, inclinent joues et fronts. Ils lui proclament leur soumission et leur faiblesse, lui confient leur sort par respect et par crainte.

Assujettis lui sont les oiseaux; il en a décompté les plumes et les battements de cœur; les soutient en temps d’abondance comme de disette. Il en dénombre les espèces: l’espèce des corbeaux, celles des faucons, des pigeons et des autruches. I1 nomme chaque espèce par son nom et lui assure sa pitance.

Il créa les nuages chargés d’eau dont il fit tomber des averses, en en distribuant les quantités requises pour chaque contrée, en abreuvant la terre aride et en y faisant pousser la végétation.

 

A propos de la chauve-souris

Des aspects de la délicatesse de l’œuvre de Allah et du merveilleux de sa création apparaissent dans les mystères de sa sagesse qu’il nous a révélés en cette créature que la lumière aveugle et les ténèbres guident, à l’inverse de tout autre vivant.

Observez comment les yeux de la chauve-souris sont incapables de tirer profit de la lumière du soleil pour se diriger et connaître son chemin.

Par l’éblouissement de cette lumière elle-même, Allah l’a empêchée de se déplacer, la retenant prisonnière dans ses caches, paupières closes pendant le jour et se servant de la nuit comme lanterne qui l’assiste dans la quête de sa nourriture, sans être gênée par l’obscurité profonde.

Mais à peine le soleil commence-t-il à jeter ses rayons, l’aube à paraître et le jour naissant à atteindre les lézards blottis dans leurs trous, que la chauve-souris referme les paupières, satisfaite d’avoir pu acquérir sa substance pendant sa vie nocturne.

Louange à celui qui fit de la nuit, pour cette créature, jour et moment d’activités; et du jour nuit et moment de quiétude et de repos.

Il lui réserva une partie de son corps pour voler en cas de besoin, telle des oreilles dépourvues de plumes et de duvet, laissant, par transparence, les veines nettement visibles.

L’équilibre de ses ailes est tel que plus fines, elles se déchireraient, et plus épaisses, elles seraient trop lourdes à manier.

Etreints par leur mère pour les protéger, les petits lui tiennent compagnie dans ses déplacements, s’élevant quand elle s’élève mais courant le risque de tomber quand elle tombe.

Aucune séparation n’est envisagée sauf lorsqu’ils s’assurent du développement de leurs corps, sentent leurs ailes assez solides pour les porter, et devenant capables de vivre de leur propre chef et aptes à connaître ce qui leur est profitable.

Loué soit celui qui créa toute la nature sans éprouver le besoin de se référer à un modèle quelconque.

 

A propos des oiseaux

Allah les créa merveilleusement, inertes comme animés, inactifs comme pleins de mouvements; signes qui témoignent de la délicatesse de son œuvre et de la grandeur de sa puissance.

Il érigea des preuves devant lesquelles l’esprit ne peut rester incrédule ni sceptique; preuves qui nous révèlent son unicité. De son œuvre surgit également l’immense variété d’oiseaux ayant élu domicile dans les anfractuosités de la terre, les fentes des cols et les cimes des monts, avec des ailes et des formes différentes. Libérés à eux-mêmes mais maintenus dans le cercle de la bride ils volent à travers le firmament immense et les espaces infinies.

Allah les modela à partir du néant, leur donnant des formes merveilleusement apparentes, montées sur des charnières dissimulées.

En dotant certains oiseaux d’une grande taille, Allah les empêcha de voler rapidement, mais il leur permit de voleter avec un bruyant battement d’ailes.

Par la subtilité de sa puissance et la finesse de son art, il leur donna une diversité de couleurs.

Parmi eux il en est qui sont teints d’une seule couleur et il en est d’autres qui ont également une autre couleur en collier autour du cou et qui est contrastante.

 

Le paon

Parmi les créatures les plus merveilleuses: le Paon.

Allah lui a donné une forme parfaite, a admirablement agencé les couleurs de son plumage. Le mâle porte une chatoyante livrée et une longue queue qu’il déploie en éventail en s’approchant de la paonne.

Quand il fait la roue, sa queue ressemble à une ombrelle. Il parade en se donnant un air avantageux, se pavane avec orgueil.

Il couvre la femelle comme un coq quelconque mais il a l’ardeur d’un étalon en rut.

Je vous conseille de le voir par vous – mêmes non pas à l’instar de celui dont l’argument repose sur un appui faible.

Si cela était comme le pensent ceux qui prétendent que le paon féconde sa femelle par des larmes qui se fixeraient entre ses paupières, que celle – ci viendrait avaler et pondre par la suite grâce uniquement à ces larmes et sans le secours de la semence d’un mâle, cela serait aussi absurde que la croyance qui veut que la femelle du corbeau soit fécondée par ce qu’elle ingurgite du gosier de son mâle.

On prendrait ses plumes pour des halos d’argent joints à des éclats de soleil d’or pur et d’émeraude.

Son plumage, comparé aux plantes de la terre, serait une fleur représentative de tous les printemps; aux habits il serait d’une dentelle finement brodée; aux parures, on dirait des bagues dont les chatons sont de différentes couleurs serties dans un bel argent.

Le paon s’avance avec arrogance, contemple sa traîne et ses ailes, se pâme d’aise devant la magnificence de son habit et le coloris de son plumage.

Mais à regarder ses pattes, il s’écrie d’horreur et gémit à faire pitié. Son cri témoigne d’une amertume réelle devant la grossièreté de ses pattes telles celles d’un vulgaire coq doté d’un ergot hideux.

Pour crête, il a une sorte de mèche verdâtre et tachetée. Le parcours du cou est tel le bec d’une aiguière qui lui descend jusqu’au ventre avec le décor d’un tatouage yéménite, ou d’une soie ornée de miroirs luisants et voilée de noir.

Par l’abondance de son eau, la puissance de son éclat qui semble dégager un vert tendre qui forme un tout avec ce noir, il trompe le regard.

A la fente des oreilles, scintille en contraste avec ce noir une ligne de la blancheur d’une marguerite, comme l’œuvre d’une fine plume. Rare serait la couleur dont il n’aurait pas une juste mesure, la surpassant en éclat et en beauté. De ses couleurs, on dirait qu’elles sont issues d’une multitude de fleurs dont aucune pluie printanière n’a été l’artisan de la croissance, et qui, de surcroît, n’ont connu aucune canicule.

Il lui arrive de perdre ses plumes l’une après l’autre comme les feuilles des branches, et se dénuder ainsi. Aussitôt après, elles repoussent méthodiquement jusqu’à ce qu’elles deviennent ce qu’elles étaient avant la mue, sans aucune différence d’avec son coloris d’antan, sans qu’une couleur en remplace une autre.

A examiner la moindre parcelle d’une plume, vous verrez à la fois un orange rosâtre, un vert d’émeraude et un jaune d’or.

Comment une intelligence, si profonde soit elle, pourrait en saisir le prodige? Qu’adviendrait-il à ceux qui tenteraient d’en donner la description?

La plus petite partie du paon a rendu l’imagination incapable de la percevoir et les langues impuissantes à la décrire.

Loué soit celui qui a ébloui les esprits, les empêchant ainsi de pouvoir saisir exclusivement dans sa forme et ses couleurs une créature si visible; celui qui a rendu les langues impuissantes à en décrire les qualités.

 

Les plus petites bêtes de la création

Loué soit celui qui assimila les petites fourmis et les mouches à d’autres créatures supérieures dans le monde des cétacés et des éléphants!

Il décide que toute créature à qui il insuffle la vie rencontrera la mort à son terme et l’anéantissement comme but suprême.

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[slide name= »Chapitre 3: Avant la mission du Prophète et le Coran »]

Sermon sur l’état des arabes avant la mission

Allah envoya Mohammad (que Allah soit satisfait de lui) pour avertir les hommes et leur transmettre la Révélation.

Vous les Arabes, vous pratiquiez la pire des religions et habitiez la pire des demeures. Vous demeuriez parmi des pierres rugueuses et des serpents venimeux, buviez une eau boueuse, mangiez une nourriture médiocre; vous faisiez verser votre sang et rompiez tous vos liens.

Vous dressiez des idoles et vous vous laissiez enchaîner par les péchés.

 

A propos du Messager et du Coran

Allah envoya le Messager après une période où les prophètes ne faisaient plus apparition, où les nations croupissaient dans la léthargie, où toutes lois étaient violées.

Il confirma aux hommes ce qu’il détenait et leur communiqua la lumière à suivre.

Tel est le Coran; interrogez- le il ne vous répondra pas mais je vous en parlerai: Il contient la science de l’avenir, le récit du passé. Il est le remède à vos maux et le lien qui vous unit.

 

Le Coran

Puis l’Imam parla du saint Coran, sous l’appellation du “Livre” et dit:

Allah révéla le Livre comme lumière dont les flambeaux ne sauraient s’éteindre, foyer à l’éternelle incandescence, océan dont nul ne peut atteindre les fonds, guide sûr, clarté qui ne trompe jamais, argument de valeur, manifeste dont les bases ne s’écroulent point, remède dont il ne faut craindre aucune réaction (En général les médicaments laissent des réactions), force dont les alliés ne connaîtront pas de défaite, vérité dont les tenants ne seront jamais laissés sans appui.

Il est la substance et le cœur de la foi, source et océan de la science, jardin de l’équité et ruissellement de ses cours d’eau, foyer et fondement de l’Islam, fleuve de la vérité et sa vallée, océan que nul ne peut assécher, source inépuisable, fontaine que ne diminuent point les buveurs, refuge que retrouvent toujours les voyageurs, repère qui n’échappe point aux regards de ceux qui prennent la route, colline que ne peut grimper que ceux qui voudront l’atteindre sans pouvoir la dépasser.

Allah en a fait un désaltérant pour apaiser la soif des savants, printemps pour les cœurs des jurisconsultes, large chemin pour les vertueux, remède qui extirpe à jamais toute maladie, lumière qui écarte toute obscurité, amarre à l’anse solide forteresse inexpugnable: il est source de considération pour qui s’y soumet et de paix pour qui y adhère; guide sûr pour qui s’y confie, justification pour qui s’y réfère, preuve formelle pour qui s’y reporte, témoin pour qui s’en sert, arme de triomphe pour qui en argue, soutien pour qui l’élit; il élève celui qui en applique les principes, il est merveille pour qui y espère; il est cuirasse pour qui l’endosse, science pour qui comprend, affirmation pour qui entretient, code pour qui juge.

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[slide name= »Chapitre 4: Les piliers de l’Islam: conseils et remontrances »]

Ce qui le mieux rapproche les solliciteurs de Allah le Très Haut est la croyance en lui et en son envoyé, la lutte pour la vérité et la justice (le jihad) qui est le sommet de l’Islam, la foi en son unicité qui en est le fondement, la prière qui est le signe par lequel on reconnaît les fidèles, la zakat, qui constitue un acte obligatoire, le jeûne du mois de Ramadan qui protège contre le châtiment, le pèlerinage et les séjours à la maison de Allah qui écartent la pauvreté et lavent le péché, le renforcement des liens de consanguinité qui accroît la richesse et assure la longévité, les dons discrets qui effacent les péchés, les dons publics (Il n’est permis de rendre public un don que lorsqu’il s’agit d’œuvres alors que les dons privés doivent être faits avec discrétion) qui préservent d’une mort indigne, les bonnes actions qui protègent d’une mort vile.

Proclamez abondamment le nom de Allah car c’est la plus belle proclamation.

Aspirez ardemment à ce qu’il a promis aux hommes pieux car sa promesse est la plus sûre.

Comportez- vous en suivant l’exemple de votre Prophète car il est le meilleur guide et inspirez vous de sa voie car elle est la plus sûre.

 

De la foi et des piliers de l’islam

Selon l’Imam Ali : « Allah a prescrit la foi pour purifier l’homme du polythéisme, la prière pour l’éloigner de l’orgueil, la zakat pour une meilleure répartition des richesses, le jeûne pour éprouver la sincérité des croyants, le pèlerinage pour rapprocher les fidèles dans la religion, la lutte pour la vérité et la justice (jihad) pour rehausser la gloire de l’Islam.

Il a ordonné qu’on prêche le bien pour l’intérêt public et qu’on interdise le mal pour dissuader les pervers; qu’on renforce les liens de consanguinité pour assurer une meilleure prolifération. Il a établi la rançon comme moyen d’éviter l’effusion du sang, la flagellation pour insister sur le caractère d’inviolabilité des interdits, l’abstention de la consommation de l’alcool pour protéger la lucidité de l’esprit, il a interdit le vol pour assurer le règne de la probité, l’adultère pour éviter toute confusion dans les liens de parenté, la pratique de l’homosexualité pour l’augmentation de la natalité. Il a recommandé les témoignages pour démasquer ceux qui veulent passer sous silence les droits des individus, l’abstention du mensonge pour l’instauration de la vérité, la paix afin d’éloigner la peur, la confiance comme règle pour la communauté et l’obéissance par respect de l’imamat. »

 

Les piliers de l’islam tels que l’Imam Ali les recommandations à ses compagnons

Engagez-vous à vous acquitter constamment de la prière, pratiquez-la fidèlement, adonnez- vous y souvent, faites-en un moyen de rapprochement car elle est prescrite pour les croyants qui doivent s’en acquitter à des moments précis.

N’entendez- vous point la réponse des pécheurs de l’enfer quand il leur a été demandé: “Qu’est ce qui vous a précipités en enfer”? “Nous n’étions pas au nombre de ceux qui prient”, répondirent- ils.

En vérité, la prière efface les péchés, et libère l’homme.

L’envoyé de Allah l’a comparée à une source chaude se trouvant à votre porte et dont les eaux vous lavent cinq fois nuit et jour. Que pourrait- il rester sur vous de souillures?

Elle a été appréciée à sa juste valeur par certains croyants, ceux qui ne s’en laissent pas détourner par l’éclat de ce monde ni par les joies de la paternité, encore moins par les richesses.

Parlant de ces croyants, Allah dit: “Ce sont des hommes qui ne se laissent pas distraire de la prière, de la proclamation de Allah ou de la zakat par un commerce ou un trafic.”

L’Envoyé de Allah, bien qu’ayant reçu de Allah la promesse de résider au paradis, était tout passionné de la prière pour mieux se conformer à la parole du Créateur: “Ordonne la prière à la famille et persévère toi – même dans la prière.” Aussi l’ordonnait-il aux siens et la pratiquait-il inlassablement.

 

La Zakat

La Zakat (Aumône ayant un caractère rituel obligatoire que la loi divine distribue aux pauvres. La Zakat est l’un de cinq piliers de l’Islam), de même que la prière, a été instituée comme offrande pour les musulmans.

Celui qui l’accorde de bon cœur, s’en fait expiation un rempart et une protection contre l’enfer. Qu’on n’éprouve aucun regret après s’en être acquitté.

Celui qui la donne à contrecœur et par intérêt ignore la tradition islamique, perd du mérite, s’écarte de la bonne œuvre et longtemps regrettera son geste.

 

Le dépôt de la foi

A failli celui qui a été infidèle au dépôt de la foi.

Ce dépôt a été vainement proposé aux voûtes célestes, aux terres étendues, aux hautes montagnes amarrées, mais il n’y avait rien d’aussi long, d’aussi large, d’aussi haut ni d’aussi grandiose que ce dépôt. Toutes ont dit: “La longueur, la largeur, la hauteur, la force et la puissance ne peuvent nous protéger car nous redoutons le châtiment.”

Elles se sont aperçues de ce qu’ignorait un plus faible qu’elles: l’homme. “Il est injuste envers lui même et ignorant.”

L’Imam ajouta: “Pour tout fidèle, la prière est un moyen de se rapprocher de Allah; le pèlerinage est le Djihad du faible et en toute chose, il y a une zakat. Le jeûne est la zakat du corps; le Djihad de la femme est dans l’aimable obéissance à son époux.

Protégez votre foi par l’aumône, consolidez vos biens par la zakat et repoussez les vagues des malheurs par l’invocation de Allah.

 

Conseils et remontrances

Avis sur le projet d’Omar de diriger personnellement la campagne de Perse

Ce ne sont pas les armées nombreuses ou réduites qui décideront de la victoire ou de la défaite; c’est la religion que Allah a révélée, les troupes qu’il a équipées et entretenue au point qu’elles parvinrent à l’état actuel.

Nous sommes sûrs de la promesse de Allah qui tient parole et soutient ses armées.

Le chef d’une communauté est pour ses sujets ce que le fil est pour un collier dont il a la tâche de lier les perles en les maintenant; s’il rompt elles tombent, s’éparpillent et ne retrouveront plus jamais leur ancienne structure.

Les Arabes, si peu nombreux aujourd’hui sont innombrables de par l’Islam, et puissants par leur cohésion.

Reste le pôle et fais tourner la meule de la guerre, pousse les Arabes au combat et ne t’y engage pas à leurs côtés.

S’il t’arrive de quitter ce pays, les Arabes de partout seront capables de se soulever, et les difficultés que tu laisseras derrière toi seront bien plus grandes que celles que tu trouveras en face.

Demain, en te voyant, les Persans diront: voici le chef des Arabes, si nous l’abattons, nous serons tranquilles.

Dès lors, ils s’acharneront sur toi et dirigeront leurs tirs sur toi pour t’abattre.

Pour ce que tu avances sur l’importance de l’armée persane se préparant au combat, tu ne peux détester l’avance de ces troupes autant que Allah, qui est plus capable de changer une situation qui lui déplaît.

Quant à ce que tu m’as dit sur leur nombre, nous n’avions jamais combattu qu’avec un nombre réduit nous nous battions au passé avec peu de troupes en comptant sur l’appui et l’aide de Allah.

 

Reproches au Calife Otman à la suite des plaintes des fidèles

Les gens m’ont demandé d’être leur interprète auprès de toi.

Je jure que je ne sais que te dire. Je ne saurai te prodiguer un conseil que tu ne connais pas. Je ne connais rien qui t’échappe. Tu sais autant que moi, je ne t’ai pas devancé (en Islam) pour pouvoir t’informer, ni reçu une confidence à te révéler. Tu as, autant que moi, vu, entendu, tenu compagnie au Prophète.

Ibn Abi Qohafa(Abou Bakr) et Ibn-EI-Khattab ne sont pas plus aptes que toi à pratiquer la justice. Tu leur es plus proche du Prophète, tu as atteint, par tes alliances un degré qu’ils n’ont point atteint.

De grâce! De grâce! Aie pitié de ton âme! Tu n’es pas aveugle pour être guidé ni ignorant pour être éclairé.

La voie est claire, les principes de la religion sont bien évidents.

Comprends que pour Allah la meilleure créature est un chef juste, éclairé et bon guide, se conformant à la tradition bien précise du Prophète et combattant l’hérésie.

Les lois sont claires, elles sont tangibles; tout comme l’hérésie.

Pour Allah, le pire des hommes est un imam inique et égaré entraînant sur ses traces les sujets, s’écartant de la tradition bien précise et ressuscitant une hérésie déjà abandonnée.

J’ai entendu l’Envoyé de Allah dire: “Au jour du Jugement dernier, l’Imam inique (injuste, illégal) sera présenté sans appui, ni défenseur, il sera précipité dans l’enfer où il tournera telle une meule avant d’être fixé au creux du feu”.

Je te supplie, par Allah, de n’être point l’imam assassiné de cette nation car il a été dit:

“Sera assassiné dans cette nation un imam, et cela ouvrira la voie de l’assassinat et du combat jusqu’au jour du Jugement, y sèmera la confusion et la discorde. Cette nation sera incapable de discerner le vrai du faux, sera ballottée en tous sens, s’entrechoquant, s’entremêlant dans un chaos indescriptible”.

Ne sois pas de cette docilité avec Marwan Ibn Hakam, qui te conduit à son gré alors que tu as la majesté de l’âge et un pied dans la tombe.

Alors Otman lui dit: “Demande aux gens de me donner un délai jusqu’à ce que je puisse réparer les injustices”. L’imam lui répondit: “Pour ce qui concerne Médine, il n’est plus besoin d’attendre; en dehors de Médine le délai d’attente est l’arrivée de tes ordres.”

 

Son opinion sur l’assassinat d’Otman

Otman ou Osman Ibn Affane naquit à la Mecque. Troisième calife orthodoxe qui succéda à Omar. Koréichite de tribu, issu de la famille des Omeyyades, il fut l’un des grands commerçants de la Mecque. Il embrassa tôt la religion musulmane et cela fut par l’intermédiaire d’Abou Bakr. Devenu calife, il confia à certains membres de sa famille des postes clés dans l’administration. C’est lui qui rassembla le Coran. Il fut assassiné dans sa maison à la suite d’une sédition. Il régna de 644 à 656.

« Si je l’avais ordonné, j’aurais été assassin; si je l’avais interdit, j’aurais été solidaire avec lui dans son comportement. Ainsi qui l’a soutenu ne pourra jamais dire: il a été lâché par ceux qui me sont inférieurs; celui qui lui a fait défection ne pourra non plus dire: il avait l’appui de meilleurs que moi. En deux mots voici ce qu’il en était d’Otman. Il a, par trop, régné en despote; Vous avez été emporté à l’extrême par votre colère. Allah réserve son jugement inéluctable à l’un et à l’autre. »

 

Remontrances

Rendant visite à Bassorah à Alaa ben Zyad el Harci, alors malade, ce dernier qui était de ses intimes, se plaignit auprès de l’Imam du comportement de son frère Assem Ibn Zyad.

L’Imam lui dit: “Qu’a-t-il?”.

“Il a pris l’habit des mystiques et se détourne de la vie”. Ali lui dit: Présentez- le moi. Lorsqu’il fut en sa présence l’Imam lui dit:

“O toi, ennemi de ta propre personne! Le diable t’a entraîné: N’as- tu donc point pitié de ton épouse et de tes enfants? Crois- tu donc que Allah t’a permis de jouir des délices, tout en t’interdisant de, t’en servir? Fausses prétentions!

Assem lui dit: Quoi, toi Emir des croyants, si grossièrement habillé et te nourrissant sobrement, me dire cela!

Malheur à toi! Je ne suis pas comme toi! Allah a recommandé aux Imams équitables de se comparer aux plus faibles afin que leur aspect soit réconfortant pour le pauvre.

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[slide name= »Chapitre 5: Nécessité d’écarter les tentations et les séditions »]

Après l’élection d’Abou Bakr

Abou Bakr Assidick (Abdallah Ibn Abi Quohafa) (573-634), Premier calife orthodoxe. Père de Aïcha, épouse du Prophète. Il combattit les apostats, et vainquit Moussaylama le Menteur. Il dirigea une armée sous le commandement d’Oussama pour conquérir la Syrie et une autre sous le commandement de Khaled Ibn Al Walid pour conquérir l’Iraq.

O Hommes! Fendez les flots de la zizanie avec les barques de sauvetage;

Ecartez-vous de la voie de la discorde et déposez les couronnes de la vanité.

A bien réussi celui qui vole de ses propres ailes ou se résigne pour servir la paix.

La zizanie est une eau saumâtre et une bouchée qui étrangle celui qui la mange.

Celui qui s’adonne à la récolte prématurée est comme le cultivateur qui sème dans une terre étrangère.

 

Mise en garde contre la zizanie (désunion, discorde)

O Arabes! Les signes d’épreuves imminentes s’annoncent.

Méfiez-vous de l’ivresse des faveurs et prenez garde aux traits de la vengeance.

Soyez sagaces devant les nuages de poussière (Examinez profondément toute affaire louche) qui obstruent le regard, devant la zizanie tortueuse à son éclosion, lorsqu’elle quitte son embuscade, se dresse et lève la tête et que ses meules se mettent à broyer.

Elle débute discrète et se termine dans la plus visible horreur.

Elle a la violence de l’adolescence et ses marques sont celles du silex. Les tyrans se la transmettent de génération en génération, le premier servant de modèle au suivant et le dernier copiant le précédent.

Ils rivalisent dans un monde vil et se ruent sur une charogne et, en peu de temps, le successeur renie son prédécesseur, le chef son subordonné. La haine les sépare; et ils s’entre-maudissent à leur rencontre.

Apparaît par la suite, au grand jour, la zizanie furieuse, balayant tout sur son chemin, basculant bien des consciences droites, égarant beaucoup d’hommes droits.

Elle déchaîne les passions, sème la confusion dans les idées; brisant tout ce qui s’y oppose broyant sa suite, les hommes s’y entre-déchirant tels des meutes de fauves; les liens du dogme se relâchent, la face des choses s’obscurcit, la sagesse diminue, cédant la place à la voix de la méchanceté, dispersant les bédouins par ses actions malfaisantes.

Elle les écrase de tout son poids, emportant beaucoup de gens dans sa poussière, provoquant les plus amers destins, suçant le sang de plus d’un innocent, décapitant les érudits de la religion. Elle fait rompre les contrats les plus patents; les sages l’évitent, les pervers infâmes l’ourdissent; elle foule aux pieds les liens de parenté, éloigne de l’Islam.

Celui qui en guérit reste malade. Quiconque veut s’en écarter demeure immobilisé. Il y a des morts dont le sang répandu à cause d’elle n’a pas été vengé.

Il y a des personnes apeurées qui cherchent refuge auprès d’un protecteur qu’ils veulent tromper en usant de serments et de fallacieuses protestations de foi.

Ne soyez point les suppôts de la zizanie, ni ceux de l’hérésie (contraire au dogme), tenez- vous fermement au support de l’unité de la communauté et des bases de l’allégeance.

Présentez-vous devant Allah plutôt en opprimés qu’en oppresseurs. Fuyez les voies de Satan et les refuges de l’agression. Ne rassasiez pas votre faim par des mets illicites car vous ne vous dérobez jamais à la vigilance de celui qui prohibe la désobéissance et indique les voies de la soumission.

 

La tentation

A un requérant qui lui demandait de l’entretenir de la tentation et, de l’avis du Prophète sur la question, l’Imam répondit:

Lorsque Allah révéla le verset: “Les hommes s’imaginent-ils qu’il leur suffirait de dire: “nous croyons!” pour qu’ils ne soient pas éprouvés?”, je compris sitôt que 1a tentation ne régnera jamais, du vivant du Prophète, dans la communauté.

Alors je lui demandai: “O Envoyé de Allah! Qu’est cette tentation dont Allah t’informe?”.

Il répondit: “O Ali, ma nation connaîtra la tentation après moi”.

“O Envoyé de Allah ! Ne m’as-tu point dit, à la bataille d’Ohod où tant de musulmans tombèrent martyrs et où, à mon grand dépit, cette faveur ne me fut pas accordée: “Réjouis – toi car le martyre sera ton sort”? C’est exact, me répondit-il, mais quel serait le degré de ta patience?

Alors je dis: “O Envoyé de Allah, cela ne relève pas de la patience mais plutôt de bonnes nouvelles et de gratitudes”.

Le Prophète dit : “O Ali, les gens vont être éprouvés par leurs biens, feront montre de leur religion auprès de Allah, espérant ainsi sa miséricorde et la protection de sa puissance, et rendront licites ce qui est interdit par des subterfuges trompeurs pour satisfaire leurs désirs.

Ils vont rendre licites 1e vin de raisin sec sous prétexte de la non fermentation, la corruption sous le titre de cadeau et l’usure sous 1e nom de commerce”.

“Quelle va être leur situation? Sont-ils apostats ou ont-ils succombé à la tentation?”, lui dis-je. “Ils ont succombé à la tentation”, me répondit-il.

 

Extrait d’un sermon où il met en garde les fidèles contre les séductions de ce monde

On ne peut quitter ce monde avec le salut qu’en y assurant son salut: nul ne peut emporter ce qui appartient à ce monde.

Il est un lieu d’épreuves.

Tout ce que les hommes ont puisé dans celui-ci leur sera pris et ils en rendront compte, par contre tout ce qu’ils auront pris pour l’autre monde, ils le retrouveront et en jouiront.

 

Pour les sages, ce monde est semblable à l’ombre. A peine paraît-elle étendue qu’elle se rétrécit, et grande qu’elle se rapetisse.

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[slide name= »Chapitre 6: Le Califat et sa Transmission »]

Propos tenus lorsqu’on lui demanda d’accepter la succession d’Othman

L’Imam dit: 

“Laissez-moi donc et cherchez un autre. 

Nous allons aborder une situation qui aura plusieurs visages et différentes couleurs. 

Elle ne sera guère réjouissante et troublera les esprits. 

L’horizon est sombre et la voie qui était droite ne l’est plus. 

Sachez que si j’accède à votre désir, je vous traiterai comme je l’entends; je n’aurai aucune ouïe pour ce qu’on pourrait dire et ne tiendrai compte d’aucune récrimination. 

Mais si vous me dispensez de cette charge, je serai comme tout un chacun de vous. 

Il se pourrait que je sois, alors, pour celui que vous auriez choisi, le plus attentif et le plus obéissant. 

Il vaut mieux pour vous, alors, que je sois votre ministre plutôt que d’être votre émir.” 

 

Après sa proclamation comme calife, il déclare à propos de cette charge

“Vous ne m’avez pas proclamé à la légère et sans réflexion”. 

Toutefois nos objectifs ne sont pas identiques. 

Par cette charge, mon désir est de vous mener vers Allah, alors que le vôtre est de m’utiliser pour vous-mêmes. 

O Gens ! Soutenez-moi contre vos passions! 

Allah m’est témoin! Je rendrai à l’opprimé son droit contre l’oppresseur, et je traînerai l’oppresseur par les cheveux jusqu’aux sources de la vérité, même contre son gré.” 

 

Proclamé calife, l’Imam répond à des partisans…

“Mes frères! Je n’ignore point ce que vous savez. 

Mais où puiserai-je cette force contre des gens qui sont en pleine puissance; nous sommes à leur merci; ils ne sont pas à la nôtre. 

Voyez vos propres serviteurs se soulever avec eux et les voilà rejoints par vos propres tribus. Les voilà vivant parmi vous et vous imposant ce qu’ils désirent. 

Trouvez-vous une solution pour arriver à ce que vous désirez? 

C’est une séquelle anté-islamique (l’époque pré-islamique est appelée la Djahiliyya). Ces gens bénéficient d’appuis. Si cette question est soulevée des divergences surgiront: les uns partageront votre opinion, d’autres seront à l’opposé et le troisième groupe ne se rangera ni d’un côté ni de l’autre. 

Patientez jusqu’à ce que le calme revienne aux esprits, que les passions s’apaisent: alors les droits pourront être rendus. 

N’insistez pas auprès de moi, pour pouvoir mieux juger mes actions. Ne commettez pas d’acte qui amoindrirait notre force, affaiblirait notre puissance et engendrerait impuissance et avilissement. 

Je m’en chargerai tant que faire se pourra. Et si je ne peux faire autrement, remède ultime sera le châtiment. 

 

Propos tenus au début de son califat

Allah (Gloire à Lui) nous a donné un Livre (Le Saint Coran) où il a indiqué le bien comme le mal; suivez le chemin du bien et vous serez éclairés; détournez-vous du chemin du mal et vous vivrez en paix. 

Les obligations ! Les obligations ! Accomplissez-les pour Allah et vous accéderez au paradis. Ce que Allah a prohibé ne nous est pas ignoré, ce qu’il nous a permis ne déshonore point. Il a élevé la dignité du musulman au-dessus de toute dignité, a consolidé les droits des musulmans par la sincérité et la croyance en son unicité. 

“Le musulman est celui dont ni la main ni la langue ne portent préjudice à ses frères musulmans” dans la volonté de rendre justice. 

Nul musulman ne doit être inquiété s’il est en conformité avec la Loi. 

Traitez, sans attente, les affaires publiques et celles qui vous sont propres. Les hommes sont devant vous et la mort s’avance. Allégez-vous pour ne pas être en reste. Car par vos actions, vous qui êtes les premiers, on jugera celles des derniers. 

Evitez les interdits de Allah aussi bien dans ses êtres que dans son monde; vous avez à rendre compte même de la terre et des animaux; obéissez à Allah, n’enfreignez point ses commandements. Si vous voyez le bien accourez à sa pratique et le mal, détournez-vous-en. 

 

Les services rendus au Prophète au moment de sa mort

Les détenteurs des dires du Prophète parmi ses amis, savent que je n’ai jamais contredit Allah et son Prophète. J’ai protégé, par ma personne, le Prophète dans des circonstances où les héros se dérobent et les guerriers reculent, secours que Allah m’avait conféré l’insigne honneur de lui donner. 

Le Prophète a rendu le dernier souffle, sa tête sur ma poitrine. 

J’ai recueilli ce souffle et l’ai passé sur mon visage. 

Je me suis chargé de lui faire les dernières ablutions, aidé par les anges qui se succédaient groupe après groupe; cela créait un véritable grouillement dans la demeure. Leurs louanges murmurées ne cessèrent de chatouiller mes oreilles jusqu’à sa mise dans la tombe. 

Qui, plus que moi, a le droit sur lui vivant ou mort ? Laissez parler la raison. Que vos intentions soient sincères dans votre combat contre l’ennemi. 

Par Allah, et il n’y a d’autre Allah que lui, je suis dans le droit chemin alors que nos ennemis suivent l’avilissant sentier de l’erreur. Je dis ce que vous avez bien voulu entendre et demande pardon à Allah pour moi et pour vous. 

 

L’homme digne du Califat

L’Imam dit à ce propos: “Quel est le plus digne du Califat? O vous les hommes! 

En est le plus digne celui qui est le plus apte à l’exercer et le plus versé dans les ordres de Allah en ce domaine. 

Par un appel pour revenir au droit chemin, on invite le perturbateur à taire ses agissements et s’il persiste, on le combat. 

Je le jure. Si pour l’Imamat, il fallait recueillir l’avis de toute la population, nous n’y arriverions jamais. 

Les plus dignes agiront aux lieux et place des absents. 

Il n’appartient pas à celui qui y a assisté de se rétracter, ni à l’absent de formuler un choix. 

Ainsi, j’ai à combattre deux hommes: un homme qui prétend à ce qui ne lui revient point et un autre qui refuse d’accomplir son devoir. 

Je vous recommande, adorateurs de Allah, l’obéissance à Allah car c’est ce qui rapproche le plus de lui et aboutit aux meilleurs résultats. 

Et voici la guerre allumée entre vous et les autres musulmans. Ne pourront porter cet étendard que les gens clairvoyants, patients, endurants et connaissant le droit chemin. 

Suivez les ordres qui vous sont donnés, abstenez-vous de ce qui vous est interdit, ne vous précipitez pas avant d’avoir bien mûri les choses; car nous avons des adversaires partisans de tout ce que vous refusez. 

 

Droits et devoirs du dirigeant et des administrés

Allah s’est départi de quelques – uns de ses droits en faveur des hommes les uns pour les autres. 

Ce sont des droits équilibrés et interdépendants. 

Le plus important de ces droits reste celui du dirigeant sur les administrés et celui des administrés; sur le dirigeant. Allah en a fait une réciprocité; obligatoire, comme base de la concorde entre eux et un appui pour la religion. 

La vertu ne saura être le lot des administrés que si elle est celui du dirigeant, de même qu’elle ne peut être le lot de ce dernier que si elle est celui des premiers. 

Lorsque chacune des deux parties s’acquitte de ses devoirs vis-à-vis de l’autre, le droit en sortira grandi, les assises de la religion consolidées, la justice raffermie et les traditions respectées. Ainsi la société sera vertueuse. 

Chacun souhaiterait alors la prospérité de l’Etat et les aspirations des ennemis seraient vouées à l’échec. 

Par contre si la nation excède le dirigeant ou que ce dernier bafoue les droits des administrés, la dissension s’installe et la tyrannie fait son entrée, l’hérésie prospère, le droit chemin est alors abandonné; on agit selon les passions, la justice paralysée, le vice répandu; point se soucier d’un droit bafoué, quelle que soit son importance, encore moins d’une erreur quelle que soit sa portée. 

Les honnêtes seraient avilis et les malhonnêtes adulés. 

Il vous appartient de vous consulter loyalement et avec désintéressement et de vous entraider sur ce sujet. 

Aucun homme, même s’il désire ardemment obtenir la satisfaction de Allah et qu’il œuvre depuis longtemps dans ce sens, n’est à même de saisir la réalité de ce que, Gloire à Lui, Allah est en droit d’attendre comme obéissance. 

Le conseil loyalement prodigué dans toute la mesure du possible, l’entraide pour instaurer la justice parmi les membres de la nation, sont quelques-unes des obligations que Allah a ordonnées à ses adorateurs. 

Personne n’est épargné par le besoin d’aide et de conseils dans la tâche dont Allah l’a chargé, même s’il a atteint un haut degré d’intransigeance dans l’instauration de la justice, et quel que soit son rôle dans la religion. 

De même, il n’est personne, fût-il sans considération dans la société, qui ne soit à même d’accorder son assistance ou d’être assisté dans ce domaine.” 

 

Il termina en substance: Droits et obligation de l’Emir

O gens! J’ai des droits sur vous et vous en avez sur moi. 

Pour ce qui est des droits que vous avez sur moi: il y a le conseil loyal et désintéressé, la bonne gestion des deniers de l’État dans votre intérêt, votre instruction afin que vous ne soyez pas ignorants, votre éducation jusqu’à la perfection. 

En ce qui est des droits que j’ai sur vous: il y a le respect de votre serment d’allégeance, la fidélité en ma présence comme en mon absence, la réponse à mon appel et l’obéissance à mes ordres. 

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[slide name= »Chapitre 7: Les lettres d’Ali »]

LES LETTRES D’ALI AUX GENS DE KUFA LORS DE SA MARCHE DE MÉDINE A BASSORAH

(1) D’Ali, serviteur de Dieu et Émir des croyants aux habitants de Kufa, avant – garde des partisans et gloire des Arabes.
(2) Je vous informe sur l’affaire d’Othman afin que vous la connaissiez comme si vous y étiez.
(3) J’étais parmi les Muhagirine (habitants de la Mecque ayant émigré à Médine) celui qui cherchait souvent à lui plaire et lui adressait le moins de reproches.
(4) Quant à Talha et Zubeir, ils le discréditaient à toute occasion et sans répit.
(5) Quant à Aïcha, elle lui gardait une haine incomparable. Des hommes parvinrent à assassiner Othman.
(6) De son propre gré et en toute liberté, la communauté m’a élu en m’accordant son serment d’allégeance sans aucune contrainte et de son propre chef.
(7) Apprenez qu’entre Médine et ses habitants la rupture est consommée, elle bouillonne comme un chaudron et la discorde y règne.
(8) Hâtez votre regroupement autour de votre Émir et pressez le pas pour combattre votre ennemi par la volonté de Dieu le Tout-Puissant et le Majestueux.

LETTRE A MOAWIA(*)

(*) Moawia (610-680) né à la Mecque, fondateur de la dynastie des Omeyyades et du califat de Damas ; il régna de 661 à 680. Après le meurtre d’Othman son cousin, il exploita habilement le désordre pour saper l’autorité d’Ali, entraîner à la révolte la Syrie dont il était le gouverneur et préparer son arrivée au pouvoir. Il intrigua pour la déchéance d’Ali (658), se fit proclamer calife à Jérusalem en 660.

(1) Ceux qui avaient prêté serment d’allégeance à Abu Bakr, Omar et Othman viennent d’en faire autant pour moi, dans les mêmes conditions et pour les mêmes causes.
(2) Aucune contestation n’était acceptable ni pour ceux qui y avaient pris part ni pour ceux qui y étaient absents. Car la délibération y était aussi bien l’affaire des Muhagirine que celle des Ansar (les habitants de Médine avaient accueilli et assisté le Prophète et sa suite, on les appela les Ansar).
(3) Si l’unanimité se réalise sur le choix d’un dirigeant, ce choix recevra la bénédiction de Dieu.
(4) S’il arrive que par contestation de ce choix ou par hérésie, quelqu’un rompt avec la volonté de la nation, on tâchera de le persuader pour le réconcilier avec cette même volonté.
(5) Et, en cas de refus, il sera combattu, car s’étant écarté de la volonté des croyants, il devra endosser la responsabilité de son comportement.
(6) O Moawia, de par ma vie, si tu jugeais raisonnablement et en l’absence de tout caprice, tu te rendrais compte que je suis, plus que quiconque, innocent de l’assassinat d’Othman, tu comprendrais que je n’étais impliqué dans cette affaire ni de près ni de loin, à moins que tu cherches à me calomnier.
(7) Alors laisse libre cours à tes calomnies comme bon te semble.
Salut !

A MOAWIA ÉGALEMENT

(1) Je viens de recevoir ton message si incohérent et si calomnieusement formulé par ton égarement et ta mauvaise foi.
(2) C’est la lettre d’un homme qui n’est guidé par aucune perspicacité, qui n’a point de chef pour l’engager dans la bonne voie.
(3) Il a répondu aux sollicitations de ses caprices, et s’est laissé entraîner par son égarement, tenant des propos irréfléchis et se dirigeant à tâtons.
(4) L’Imam continua : « L’élection en question est une seule et indivisible affaire qui demeure irrévocable. Celui qui s’en dissocie, porte ainsi atteinte à la communauté et quiconque tergiverse et hésite à son propos n’est qu’un hypocrite. »

ENCORE A MOAWIA

(1) Koreiche voulut assassiner notre Prophète et nous exterminer. Ils nous ont accablés de peines, nous ont fait voir de toutes les couleurs, privés de tout ce qui agrémentait la vie, nous ont fait vivre dans la peur, nous ont obligés à nous réfugier en des montagnes difficilement accessibles et ont allumé contre nous tous feux de guerre.
(2) Dieu voulut que nous fussions les défenseurs de sa Loi pour la protéger contre ses détracteurs. Le croyant combattait dans l’espoir d’une récompense à l’au – delà et le mécréant par solidarité tribale.
Ceux de Koreiche qui avaient embrassé l’Islam n’eurent pas à subir notre sort, protégés qu’ils étaient par un pacte tribal ou le soutien d’une famille. Ils étaient à l’abri de tueries.
(3) Lorsque la bataille était en rage et que l’hésitation commençait à gagner les soldats, l’Envoyé de Dieu plaçait les membres de sa famille au front pour protéger ainsi ses fidèles compagnons contre la terreur des sabres et des lances.
(4) Ainsi furent tués Obeida Ibn Hareth lors de la bataille de Badr, Hamza pendant la bataille de
Ohod, et Jaafar dans celle de Mu’ta. Il m’est possible d’en citer d’autres ayant souhaité mourir lors de ces batailles comme eux mais la mort qui fauchait les autres les épargna.
(5) Ironie du sort ! On ose me comparer à celui qui n’a jamais mis le pied dans le champ de la guerre sainte, et n’a pas eu comme moi, un passé de guerrier aussi chargé de gloire, à moins qu’on ne prétende ce que j’ignore et que peut-être Dieu même ignore.
(6) Que Dieu soit loué en toutes circonstances.
(7) Quant à ta demande de te livrer les meurtriers d’Othman j’y ai bien réfléchi. Il n’est point question de les livrer ni à toi ni à tout autre.
(8) Si tu persistes dans ton indiscipline et dans ton œuvre de division, bientôt tu les verras en face, te demandant des comptes. Ils ne te donneront pas la peine de venir à leur rencontre, ni par terre, ni par mer, ni par plaine ni dans les montagnes. Leur demande te mettra dans l’embarras et leur rencontre ne te sera point agréable. A bon entendeur, salut.

ÉGALEMENT A MOAWIA

(1) Que ferais-tu quand tu seras dépouillé des faveurs de ce monde qui te trompe par ses séductions et ses plaisirs ?
(2) Il t’a fait signe et tu lui as répondu, il t’a entraîné et tu t’es laissé faire, il t’a ordonné et tu as obéi.
(3) Tu n’es pas loin d’être en présence de celui contre qui aucun bouclier ne saura te protéger.
(4) Evite cette situation, fais provision de bonnes œuvres pour le grand Jugement, prépare-toi pour le destin final, ne prête pas l’oreille aux flatteurs pervers.
(5) Sinon je me verrai obligé de te dévoiler ce que tu sembles ignorer. Les faveurs de ce bas-monde te trompent, le diable t’a possédé. En toi, il a atteint son objectif ; il habite ton corps comme ton sang et ton souffle.
(6) Explique-moi, donc, comment prétendre être le chef de cette nation quand on est sans passé glorieux ni exploit honorable. Que Dieu nous protège contre un passé de malfaiteurs !
(7) Je te mets en garde contre la bassesse de tes désirs qui n’ont rien à voir avec ce que tu proclames ostensiblement.
(8) Tu parles de guerre en y invitant les innocents.
(9) Laisse-les donc paisiblement, épargne les deux troupes de tout affrontement, et sors à ma rencontre pour savoir lequel de nous deux a l’esprit aveugle !
(10) Je suis le père de Hassan qui décapitait ton grand -père, ton frère et ton oncle maternel, le jour de Badr. Je garde le même sabre et le même cœur pour faire face à mon ennemi.
(11) Je n’ai point changé de religion ni de prophète, et je suis toujours le droit chemin que vous avez délibérément abandonné après l’avoir accepté par contrainte.
(12) Tu prétends demander réparation du sang d’Othman. Tu connais bien ceux qui en sont responsables. Adresse-toi donc à eux dans ta besogne.
(13) Je te vois mal dans cette guerre qui te fera gémir comme un chameau à la charge lourde. Je vois déjà tes partisans, par peur de la pluie de nos armes, de leur sort si inéluctable et de la succession de leurs défaites, me demander le recours au Livre de Dieu, alors que dans leurs fors intérieurs, ils s’attachent à l’apostasie et te reconnaissent comme leur chef sans conformité avec le droit chemin.

A MOAWIA ÉGALEMENT

(1) J’hésite à répondre à ta lettre et à en tenir compte, pour ne pas ébranler mes opinions et diminuer ma conviction.
(2) Tu me poses certaines conditions, tu me demandes de relire ta précédente lettre, tu es comme un rêveur que trompent les songes. Embarrassé par la situation où il se trouve, il ne sait pas si les choses sont pour lui ou contre lui. Tu n’es pas ce rêveur mais tu lui ressembles.
(3) Je jure par Dieu que, n’était-ce un certain désir de t’épargner, je te donnerais des coups à te rompre les os et à te déchiqueter la chair.
(4) Sache que le diable te possède, il t’empêche de discerner tes devoirs, et de tenir compte de nos conseils. Salut à ceux qui en sont dignes.

RÉPONSE A UN DES MESSAGES DE MOAWIA

(1) Quant à ta demande du gouvernorat de Syrie, il n’est pas question de t’accorder aujourd’hui, ce que je t’ai refusé hier.
(2) Lorsque tu dis que la guerre a fauché les Arabes sauf quelques groupes qui ont échappé, je dirai que celui qui a été fauché alors qu’il se trouvait dans le droit chemin, le paradis est sa demeure, et celui qui l’a été dans le chemin du mal, sera en enfer.
(3) Quand tu me parles d’équilibre, entre nous, en hommes et en armement, je dirai que ta direction dans le doute ne saurait égaler ma conduite dans la certitude, et que les gens de Syrie ne sont pas plus avides de ce monde que ne le sont les gens de l’Iraq de l’autre monde.
(4) Lorsque tu dis que nous sommes tous descendants de Banu Abd Manaf (leur ancêtre commun), tu oublies que Umaya (les ancêtres de Moawia) n’est pas Hachem (les ancêtres de Ali), que Harb n’est pas Abdel Muttalib que Abou Sufian (le père de Moawia) n’est pas Abou Taleb (le père d’Ali.), encore moins le Mohagir comme celui qui a préféré de servir ses propres intérêts et de rester en place, ni le descendant direct comme le descendant indirect, ni l’ayant-droit comme le faux prétendant, ni le croyant comme le mécréant.
(5) Méprisable descendance que celle qui suit son ascendance en enfer !
(6) Nous disposons encore de la faveur de la Révélation avec laquelle nous avons avili les puissants et élevé les avilis.
(7) Quand Dieu a fait adopter sa religion aux masses d’Arabes qui ont embrassé l’Islam par consentement ou par force vous étiez de ceux qui se sont convertis par convoitise ou par peur.
(8) Il est certain que ceux qui ont répondu les premiers à l’appel de l’Islam se sont élevés plus hauts que les derniers, ainsi donc les premiers qui ont émigré de la Mecque ont plus de mérites que les autres.
(9) Ne te donne pas au diable et ne lui confie point ton âme. Salut.

A MOAWIA ÉGALEMENT

(1) Gloire à Dieu ! Que tu es tenace dans tes passions toutes créées, perplexe dans ta conduite, cherchant à masquer la vérité et à rejeter les preuves établies par le Tout-Puissant pour servir d’arguments pour les hommes.
(2) Quant à la polémique que tu maintiens sur Othman et ses assassins, il faut savoir que tu as soutenu Othman pour ta propre gloire et l’as abandonné quand il s’agissait de sa propre gloire. Salut.

A ZIAD IBN ABIH SON GOUVERNEUR A BASSORAH

Je jure sincèrement par Dieu que, si jamais il m’arrive un jour d’apprendre que tu utilises une partie des biens publics à tes propres fins, petite ou grande soit-elle, je t’en ferai subir les conséquences si sévèrement que tu deviendras nécessiteux et misérable. Salut.

AU MÊME ZIAD

(1) Sois économe et fuis la prodigalité, pense aux lendemains, ne dépense que selon la nécessité et réserve le surplus pour les cas de besoin.
(2) Attends – tu de Dieu une récompense comme celle des humbles alors que tu fais figure d’un homme orgueilleux ? As-tu l’espoir de bénéficier de la récompense destinée aux bienfaiteurs, alors que tu te vantes dans l’abondance et en prives le faible comme la veuve ?
(3) L’homme sera récompensé de ce qu’il a avancé et trouvera ce qu’il a mis en épargne pour la vie future. Salut.

A MOHAMED IBN ABI BAKR LORS DE SA NOMINATION COMME GOUVERNEUR DE L’ÉGYPTE

(1) Sois modeste et humain avec eux et traite-les avec bonté ; regarde-les tous pareillement afin que les grands ne puissent agir impunément et que les faibles ne désespèrent pas de ta justice à leur égard.
(2) Dieu vous demandera, ô Créatures, compte de vos actions, grandes soient-elles ou petites, visibles ou cachées.
(3) S’il châtie, sachez que vous en méritez plus, et s’il pardonne soyez sûrs qu’il est généreux.
(4) Sachez, ô Adorateurs de Dieu, que les pieux ont gagné à la fois ce monde éphémère et l’éternité sans fin. Ils se sont associés aux biens de ce monde avec ceux qui les désiraient et n’ont point partagé avec eux leur sort dans l’autre monde.
(5) Ils ont vécu en ce monde de la meilleure manière possible, ont goûté au mieux à ses délices, en ont recueilli autant de faveurs que ceux qui s’adonnaient aux jouissances et autant que pouvaient en prendre les tyrans orgueilleux.
(6) Ils l’ont quitté emportant avec eux une provision de bonnes actions et un commerce prospère. Ils ont pu tirer de leur mépris de ce monde, la joie d’y croire tout en restant convaincus qu’ils se trouveraient demain auprès de Dieu.
(7) Leur requête n’est jamais rejetée et leur part des jouissances point réduite.
(8) O Adorateurs de Dieu, prenez garde à la mort, à son imminence et préparez-vous à l’affronter.
(9) C’est un événement capital et un moment terrible.
(10) Il est chargé de bonheur infini ou de malheur illimité.
(11) Qui donc serait plus proche du Paradis ou de l’Enfer sinon que celui a œuvré pour l’un ou pour l’autre !
(12) Vous êtes le gibier de la mort ; si vous y faites face, elle vous surprend, si vous la fuyez, elle vous rattrape.
(13) Elle est si proche de vous que ne l’est votre propre ombre.
(14) Elle vous fait face comme si elle tombait sur votre front, alors que la vie, quant à elle, s’efface derrière vous.
(15) Craignez un feu sans fond dont la chaleur est terrible et le supplice se renouvelle sans cesse. Une demeure où ne règne aucune pitié, où n’est exaucée aucune prière ni apporté aucun soulagement.
(16) Si vous pouviez renforcer votre crainte de Dieu et votre confiance en lui, joignez alors les deux ; car le degré de confiance de l’homme doit être en proportion avec celui de la crainte qu’il manifeste à l’égard de son Créateur. Ainsi, le plus optimiste des hommes en est le plus craintif.
(17) Sache, toi Mohammed Ibn Abi Bakr, que je t’ai ai confié mes meilleures troupes : les Egyptiens. Il t’est un devoir de ne pas te conformer aux passions de ton âme, de défendre ta religion, même si tu ne disposais que d’un court laps de temps. N’attire pas sur toi la malédiction de Dieu pour faire plaisir à une créature ! Tu peux te passer des créatures en te rapprochant de Dieu mais tu ne peux jamais te passer de Dieu, car il est irremplaçable.
(18) Fais les prières aux moments qui leur sont fixées, ne les avance pas pour profiter d’un moment libre, ne les diffère pas pour d’autres occupations ; l’appréciation de toutes les œuvres dépend de l’acceptation des prières.
(19) On ne saurait comparer un dirigeant éclairé à un dirigeant pervers, le partisan du Prophète à l’ennemi du Prophète.
(20) Le Prophète m’avait dit : « Je ne crains pour ma nation ni un croyant ni un polythéiste. Le croyant, Dieu le protègera par sa propre foi, quant au polythéiste, il sera puni par son polythéisme.
(21) Mais je crains pour vous tout hypocrite expert en paroles, qui proclame ce que vous savez et qui exécute ce que vous détestez ».

A MOHAMED IBN ABI BAKR A L’OCCASION DE SA DESTITUTION ET DE LA NOMINATION A SA PLACE DE AL-ACHTAR. CE DERNIER DEVAIT MOURIR EN ROUTE AVANT DE PRENDRE FONCTION

(1) Je suis informé de ton chagrin par suite du choix d’Al-Achtar pour te remplacer.
(2) Je n’ai pas procédé à cette nomination pour déprécier tes efforts ni pour en exiger davantage.
Je t’aurais confié une charge moins délicate qui te plairait mieux.
(3) L’homme que j’avais désigné à la tête de l’Egypte — que Dieu le bénisse — était envers nous de toute sincérité, dur et énergique envers nos ennemi.
(4) Il a terminé ses jours, en rencontrant la mort ; nous en étions pleinement satisfaits. Que Dieu le comble de ses satisfactions et lui multiplie ses bonnes œuvres.
(5) Fonce sur ton ennemi, utilise ta perspicacité, retrousse tes manches pour combattre qui te combat, appelle les gens à suivre le chemin de ton Créateur ; demande constamment l’aide d’Allah ; il te protégera et t’aidera à surmonter tes difficultés. S’il plaît à Dieu.

A ABDALLAH IBN EL-ABBAS APRÈS L’ASSASSINAT DE MOHAMED IBN ABI BAKR

(1) L’Egypte est conquise (par les Musulmans, en 639 (J-C.)), et Mohamed Ben Abi Bakr, que Dieu ait son âme, est tombé martyr. Nous avons perdu en lui un fils plein de sincérité, travailleur infatigable, soldat redoutable et soutien de la foi.
(2) J’avais demandé aux gens de le rejoindre d’urgence, de lui porter secours avant l’événement, j’avais fait appel à eux secrètement et publiquement et cela à maintes reprises.
(3) Certains l’ont rejoint à contrecœur, d’autres se sont déclarés prétendument malades, d’autres se sont abstenus par abattement.
(4) Je prie Allah de me soulager rapidement de ces gens et, par Dieu, n’étaient-ce l’envie de trouver le martyre face à l’ennemi, et l’indifférence face à la mort, je souhaiterais de ne pas jamais les rencontrer ni jamais les revoir.

AUX HABITANTS DE L’ÉGYPTE A L’OCCASION DE LA NOMINATION D’AL-ACHTAR COMME GOUVERNEUR

(1) D’Ali, serviteur de Dieu et Emir des croyants, à ceux qui se sont courroucés, par amour de Dieu, lorsqu’il fut désobéi sur terre, que le droit qu’il avait établi fut bafoué, que l’injustice gagna les hommes de bien comme de mal, le résident comme le voyageur, les empêchant de faire de bonnes actions et d’éviter les mauvaises.
(2) Je vous ai envoyé un homme de parmi les adorateurs de Dieu qui ne dort pas durant les jours de peur, qui ignore la crainte face à l’ennemi dans les moments d’épouvante ; il est plus terrible envers les vicieux que les morsures de feu. Il s’agit de Malek Al Achtar, frère de Mazhej.
(3) Ecoutez-le et obéissez à ses ordres tant qu’il appliquera la justice.
(4) Il est l’un des sabres effilés de Dieu qui ne manque jamais l’objectif.
(5) S’il vous ordonne d’attaquer, respectez son ordre et s’il vous ordonne de garder vos positions, ne bougez pas !
(6) Il ne passera à l’offensive, ne reculera, ne prendra de décisions, ne les retardera que sur mes ordres.
(7) Je vous en ai gratifiés au moment où j’en ai moi-même le plus grand besoin, pour l’énergique bravoure dont il fera montre face à votre ennemi et pour les conseils pertinents qu’il ne manquera pas de vous donner.

A AMR IBN EL AS (PARTISAN DE MOAWIA)

(1) Tu as lié ta foi à la fortune d’un être dont la soumission au diable est notoire et les turpitudes connues, dont la fréquentation avilit le noble et déshonore le sage.
(2) Tu suis ses traces, recueilles ses dons tel un chien se réfugiant auprès d’un lion en attendant qu’il lui cède les restes de sa proie.
(3) Tu as ainsi perdu et ce monde et l’autre, alors que si tu avais agi selon la vérité tu aurais réalisé tous tes désirs.
(4) Si Dieu vous met entre mes mains, toi et le fils d’Abou Sufian, je vous infligerai le juste châtiment que méritent vos actes ; si je n’y parviens pas et que vous me surviviez, ce qui vous attend ne saura être que le malheur ! Salut.

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